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Notre exil à Dénia - PAGE " La ville de Dénia"
Présentation de Dénia du Mardi 23 octobre 2018
Voici donc la ville que nous avons choisi pour notre exil hivernal. Après trois séjours de prospection, notre choix s’est porté sur une location toute proche du centre-ville. Dénia est située sur la Costa Blanca, à 95 km de Valence, Alicante et Ibiza. Nichée au pied du Montgo’, elle est surplombée par un château dont les murs entourent la vieille ville. Nous avons recueilli quelques éléments de présentation. La température diurne descend rarement en dessous de 16 ° C à l'ombre, même en hiver. L'Organisation Mondiale de la Santé conseille Dénia pour son climat doux et salubre. Caractérisé par des étés pas trop chauds et des hivers pas trop froids, ce lieu est parfait pour y passer l’hiver.
A son origine, la ville était habitée par des peuplades ibères. Puis, elle devint romaine, et nommée « Dianum » car placée sous les auspices de la déesse Diane. Les vestiges archéologiques retrouvés témoignent d’une époque riche, avec un port très actif où confluaient des navires de commerce mais également la flotte impériale. Puis, ce fut « La Daniya » musulmane qui connut une longue période de richesse et au Xème siècle, elle se hissa au rang de Taïfa (sorte de petit royaume). Avec la reconquête chrétienne, Dénia conserve sa suprématie et devient capitale d'un comté puis d'un marquisat. Au XIXème siècle, Dénia connut un essor économique extraordinaire grâce au commerce du raisin. Le raisin sec a été un moteur économique pour Dénia, et a contribué au développement urbain de la ville en créant un environnement culturel et une société bourgeoise solidement établie. Aujourd’hui, la pêche reste une activité économique importante à Dénia.
Au début du XX ème siècle se développe à Dénia le commerce du jouet. Et la culture du raisin sec est remplacée par la production d’agrumes. De nos jours, le tourisme est une autre source de revenus. Le tourisme de plage est l'activité économique dominante de Dénia dont la population passe de 45 000 habitants à 200 000, l'été. La population espagnole représente le 77,95 % du total des habitants de Dénia. Les espagnols résidents, proviennent aussi d’autres régions : Andalousie, Madrid, Galice, Murcie, Pays Basque….. Les résidents étrangers provenant de l’Union Européenne représentent environ le 10% de la population étrangère. Cette partie de la population vit à l’année à Dénia et participe entièrement dans la vie de tous les jours. Dénia est, en outre, dotée d'un important port de plaisance, de pêche et de transport maritime avec toutes les activités qui en découlent. Grâce à un important trafic de ferries, on peut rejoindre Formentera en 2h30 (visite prévue en 2019), Ibiza en 3h30, et Palma de Majorque en 7h45.
Dénia possède une côte de 20 km constituée de plusieurs plages qui se divisent en deux sections. Celles de Las Marinas sont plus sablonneuses, alors que celles de Las Rotas sont plus pierreuses. Le bas de la ville est intéressant d’un point de vue architectural et a su conserver les caractéristiques typiques des quartiers de marins-pêcheurs méditerranéens. Nous souhaitions trouver une location précisément à cet endroit charmant, mais ces anciennes maisons de pêcheurs sont de très petites tailles et le prix de location demandé au-dessus de nos possibilités. Cales de Dénia est un ensemble d’habitations à l’architecture typiquement méditerranéenne dans laquelle se trouvait l’ancienne médina. Ce quartier est situé à proximité du château et se distingue par ses maisons basses et ses rues étroites. La rue Cavallers et la rue Major, San José et Loreto conservent un ensemble de maisons en relation avec la richesse et la bourgeoisie qu’engendra la production de raisin sec. Nous vous ferons découvrir plus en détail ces quartiers. Vu également dans la ville de Dénia "EL MONUMENTO AL SOL", le monument du soleil visible au rond-point situé face au port. Des vues différentes selon l'endroit où l'on se trouve et des reflets magiques !
Présentation du Port de Dénia du Samedi 27 octobre 2018
 Avec plus de 2.000 ans d'histoire, le port de Dénia a une grande importance historique en raison de son emplacement stratégique. Proche des îles Baléares, il fut d’abord la base navale, le port et le camp d'approvisionnement avant de devenir en 1015, la grande flotte navale du roi des Taifa. C’est de cet endroit que commença la conquête des îles Baléares et de la Sardaigne.
Il fut le centre du trafic maritime jusqu'à l'arrivée des chrétiens en 1244. Le port de Dénia a un passé commercial mais il fut également un repaire de pirates. En 1609 il est devenu le principal port de bannissement des Maures, atteignant une grande importance militaire. Après la destruction de la ville 1705, débute l'exportation de raisins secs et le port devint le plus importants de la côte est. Sa forme se définie par deux digues avec un accès protégé par des enrochements, ce qui permet un accès sûr, même par mauvais temps.
Il dispose d'excellentes installations pour les sports nautiques et l’amarrage de méga yachts. Il possède, devant le quai principal, d’un marché au poisson (POSIT) et d’un atelier de cordes. Dans le port de Dénia les pêcheurs apportent tous les jours des poissons frais que l’on retrouve, le soir même, dans les plats servis dans les restaurants ! Tous les jours, du lundi au vendredi, les bateaux de pêche arrivent au port entre 16h30 et 18h00 en ramenant avec eux une grande variété de fruits de mer : crevettes rouges de Dénia, homards, oursins, poulpes, moules, calamars ainsi qu’une diversité de poissons du littoral, rougets, maquereaux, dorades, sardines… Chaque année, au mois de Juin, les bateaux de pêche restent au port pour un arrêt biologique. Seuls des petits bateaux nommés « tresmall » pratiquant la pêche artisanale à l’aide d’un filet composé de 3 couches de mailles sont habilités à continuer la pêche. Leur pêche est triée dans des cagettes, pour passer ensuite au stade de la traditionnelle criée, dans la Halle des marées.La vente au détail de ces produits frais pour le public se passe sur place, dans la poissonnerie de la confrérie de pêcheurs. L’arrivée des bateaux de pêche et leur déchargement est un spectacle journalier suivi par un grand nombre de personnes, touristes et résidents de Dénia.
Une autre activité du port sont les liaisons commerciales et touristiques intenses avec les îles. En 2016, une importante rénovation du port de Dénia permit l'extension de la zone avec la plantation d’arbres et la création d’une piste cyclable. Le port de plaisance de Dénia, comprend des bars, des restaurants, des cafés, des pubs, des discothèques et des entreprises nautiques.
Visite de la « Torre del Gerro » - Mercredi 07 novembre 2018
Cette journée ensoleillée du mercredi 7 novembre nous a motivé pour une petite balade le long de la mer jusqu’à la tour de guet située au bout du quartier des « Rotes ». Douze kilomètres pour une superbe vue sur la côte de Dénia, voilà un beau programme pour se remettre à la pratique de la marche. En quittant notre appartement, nous nous dirigeons vers le Sud et longeons la côte qui est rocheuse de ce côté-l à mais ou se succèdent 4 criques offrant des vues différentes situées dans la réserve marine de San Antonio. Cette zone a été déclarée lieu d’intérêt pour ses micro-réserves. Après avoir passé les plages du « Trampolí » et des « Arenetes », nous voici à la « Punta Negra » connue pour la pratique de la plongée dans des eaux limpides et turquoises. Cette pratique est ici réglementée et nécessite une autorisation car limitée à 10 permis par jour. De ce fait, certaines espèces protégées comme les éponges et les cigales de mer peuvent s’y reproduire.
La côte, très découpée en cet endroit, présente une topographie sous-marine variée. Elle offre aux plongeurs des sites en eaux sablonneuses et peu profondes mais également des fonds marins rocheux. On y pratique également le surf. Cette zone connue sous le nom de « La Chimenea » (la cheminée) est appréciée par les sportifs de toute l’Espagne et a même reçu la Coupe d’Espagne de Kitesurf en 2012. Nous voici maintenant au bout des « Rotes » où se situe la dernière plage. Cette crique, réservée aux nudistes, est surplombée par la fameuse « Cova Tallada » (grotte taillée) que l’on visitera lors d’une autre sortie.
Il nous faut maintenant gravir 100 mètres de dénivelé pour atteindre cette fameuse tour de guet distante d’un kilomètre. Cette tour faisait partie intégrante d'un système de vigilance qui se développa durant XVIe et XVIIe siècle pour défendre la baie des pirates barbaresques. Cet édifice singulier est de forme circulaire et tronconique scindée en deux parties. Sur les trois consoles qui la bordent, on peut observer l'écu de Charles Quin gravé dans la pierre. Érigée dans les années 1553 et 1554, elle appartient à la première génération d'ouvrages de défense côtière. Ces tours communiquaient entre elles, dans de nombreux cas, visuellement, bien qu'on utilisât d'autres moyens tels que des signaux avec des miroirs et le feu. Son emplacement a permis le contrôle d'une grande partie de la côte. Surplombant la mer de 132 mètres, elle est située dans les limites du parc naturel du Montgó. La vue d’ici est en effet imprenable et la végétation luxuriante à cette époque de l’année.
En observant le paysage vers ce majestueux Montgó, un village fantôme nous interpelle. D’où nous sommes, nous ne distinguons que des maisons vides taguées. Nous reviendrons demain pour en savoir plus !
Visite du village fantôme « El Greco » du Jeudi 08 novembre 2018
Durant notre visite de la « Tour Gerro », un village fantôme nous avait interpellé et nous avions décidé d’en savoir plus sur ce qui paraissait être une anomalie dans le magnifique paysage du Montgó. Nous avons donc enfourché nos bicyclettes afin de visiter ce lieu insolite.
Après un sympathique arrêt sur les plages des « Rotes », nous avons escaladé la « Lloma del Castanyar » pour enfin arriver sur ce li eu mystérieux. La vue de la crête donne sur de profonds ravins et collines ou subsistent les vestiges de la culture en espalier du raisin sec. Un vaste projet d’urbanisation, démarré en 1973, devait voir le jour et donner naissance à 600 chalets sur ce promontoire. Après la construction de 111 chalets en 1980, le lieu fut proclamé « Parc Naturel du Montgó » et les autorisations furent révoquées. Le projet fut donc abandonné au même titre que les habitations déjà construites mais pas encore habitées. Depuis ce temps, le projet d’urbanisation devenu illégal, se transforme petit à petit en ruine où la végétation essaie de reprendre ses droits légitimes désormais.
De l’autre côté, la vue superbe sur la « Tour Gerro » en arrière-plan ainsi que les murs tagués aux ouvertures béantes laissant pénétrer de violentes rafales de vent, nous ont offert des moments intrigants. Seul le croassement de quelques mouettes a apporté un peu de vie à notre visite. Il faut bien avouer que malgré l’intrigue, ce lieu se prête formidablement bien à la réalisation de photographies surprenantes. Nous avions déjà ressenti cette ambiance lors de notre tournage sur les vestiges de la sidérurgie Lorraine réalisé en septembre dernier à Rombas (visible sur notre site :  www.studio6t.fr ).
Il est temps maintenant de regagner notre appartement en profitant du soleil couchant sur le bord de mer.
Dénia et son histoire du 23 novembre 2018
Bon, me voilà de retour après une semaine d’interruption pour vous livrer les récits de notre exil en Espagne. Certains nous suivent assidûment et c’est encourageant. Il s’agit avant tout de vous faire part, sans prétentions aucunes, de notre changement de mode de vie basé sur l’alternance d’une vie en France et en Espagne pour notre retraite. Bien entendu, notre passion pour la ville qui nous accueille facilite grandement notre intégration et la réalisation de nos récits. Bref, aujourd’hui je reprends du service et il faut avouer que depuis le retour d’Hélène en France la météo ne m’aide pas dans ma réorganisation. La journée est maussade ; mais il fait tout de même 17 degrés, et il me prend de me pencher sur Dénia et son histoire. Me voici donc parti pour une balade dans l’enceinte de la ville. Il faut dire que Dénia est le fruit d’une grande variété de cultures. Ibères, romains, musulmans et chrétiens ont laissé leur empreinte à travers les monuments, les musées, les restes archéologiques et dans les quartiers. Ses origines remontent au Ve siècle avant Jésus Christ ; c’est l’époque Ibère. Je démarre mon périple en me rendant sur la « Punta de Bénimaquia », ou l’on peut normalement apercevoir des vestiges archéologiques indiquant que vivaient ici Ibères, Phéniciens et Grecs. Après avoir vainement cherché les restes de ces vestiges, je n’aperçois que quelques amas de pierres çà et là. Pas certain d’être au bon endroit, je profite néanmoins du paysage avec, au loin, la mer, le château sur son promontoire et le port. On a récemment identifié une installation destinée à la production de vin, ainsi que la présence d’amphores indigènes qui imitent le type phénicien contemporain et qui étaient probablement destinées à contenir ladite production. Les Ibères battirent des villes, cultivaient les plaines et en ce qui concerne la religion, enterraient leurs morts et priaient des dieux.
Je redescends maintenant sur la ville et me voici sur la place où convergent les rues « La Mar » et « Fora Mur » ou des travaux effectués, en juillet dernier pour l'installation de conteneurs enterrés, ont mis en lumière deux importantes découvertes archéologiques. Il s’agit d'une inscription épigraphique appartenant à un monument funéraire ou l’on peut lire six lignes de texte incomplètes : « À Pompeia Maxima, qui a vécu 36 ans. Nonius Victor à sa chère femme », et la deuxième constatation confirme que dans ce domaine a été construit, au XIe siècle, un grenier à blé et une auberge. Ces découvertes récentes remontent à l’époque romaine ou Dénia se nommait « Dianium ». Là encore, je ne distingue pas la moindre trace de ces vestiges mais je poursuis néanmoins ma progression historique. La grandeur de la ville à cette époque reposait en grande partie sur son emplacement et à l'importance de son port. Elle était devenue un centre de redistribution de produits provenant d’Afrique du Nord et d’Italie. La ville atteint alors son apogée. Au Xème siècle avec l'arrivée des musulmans, Dénia (Daniya) connut une période de grandes richesses avec un essor économique très important qui l'amena à devenir le royaume de Taïfa en battant sa propre monnaie : le dinar d'or. Au début les champs étaient complètement cultivés de figuiers et de vignes. Les musulmans introduisirent l’irrigation à l'aide de moulins, de puits, de réservoirs et des canaux pour la distribution de l'eau. Des nouvelles plantations furent implantées : coton, riz, orangers, abricots, favorisant ainsi l'accès à la population aux richesses provenant du travail de la terre. L'artisanat, soit en cuir ou en bois, vécu aussi un grand développement pendant cette période grâce aux nouvelles connaissances apportées par les nouveaux venus. Le port de Dénia pris une place importante dans l'importation et exportation de raisins secs. Pendant cette période, Daniya figure parmi les 100 villes principales de l'Espagne musulmane. Le château de Dénia, fut construit lors de cette période et était utilisé comme la résidence des rois. Diverses incursions par voie maritime furent effectuées sur les côtes de Gênes, Pise, en Toscane et en Lombardie. Lors de la conquête chrétienne de Dénia en 1224, des privilèges furent octroyés aux habitants chrétiens de Dénia : maisons, terres, moulins et un tout nouveau gouvernement fut instauré.
En 1575, Miguel de Cervantès ; l'auteur de Don Quichotte, fut capturé par les corsaires berbères et emprisonné à Alger. Il tenta plusieurs fois de fuir ses cachots d'Afrique du Nord sans succès. En 1580, les pères trinitaires payèrent sa rançon, soit environ 500 ducats équivalant à 20 000 euros aujourd'hui. La légende veut que, lorsque qu’il rentra au pays des chrétiens, la première chose qu’il a faite fut de s'agenouiller pour embrasser le sol de Dénia. En 1609 le roi Felipe III ordonna que tous les musulmans soient expulsés d'Espagne. C'est depuis le port de Dénia qu'embarquèrent les musulmans du royaume. Au XIXe siècle, Dénia entre dans une période de splendeur économique grâce au commerce du raisin sec. L’exportation vers des villes européennes nécessita la construction de la voie ferrée Dénia - Carcaixent. La production représentait plus de 400 000 quintaux puis, au début du XXe siècle, une infestation par le phylloxéra mit un terme à l’exploitation du raisin. On y développa alors, la production d’agrumes et l’industrie du jouet.
Du 18 juillet 1936 au 1er avril 1939 l’Espagne subit la guerre civile. Ce conflit opposa le camp des républicains composé de loyalistes à l’égard du gouvernement légalement établi lors de la IIe République, et les nationalistes, le camp des rebelles putschistes mené par le général Franco. Cette guerre se termina par la victoire des nationalistes qui établirent une dictature qui dura 36 ans, jusqu’à la transition démocratique qui n’intervint qu’à la suite de la mort de Franco, le 20 novembre 1975. Les bombardements sur les villes et leurs civils fut devenue une tactique militaire dans la guerre civile espagnole. Compte tenu de la supériorité aérienne des nationalistes, pendant une grande partie de la guerre, la plupart de ces bombardements ont eu lieu sur les zones républicaines comme à Dénia. Les autorités républicaines afin de protéger la population ont créé le Conseil Central de la Défense Passive (Junta Central de Defensa Pasiva), dont la principale mission était de protéger la population des bombardements de l’aviation franquiste. Ces institutions, en collaboration avec les conseils locaux, avaient comme responsabilité la construction d’abris ainsi que la publication d’une série de brochures fournissant les informations techniques nécessaires pour les voisins et les associations pour construire leurs propres abris. Dénia, pour son importance commerciale, sera l’un des ports de la Communauté Valencienne qui subira le plus de bombardements. Pendant trois longues années, Dénia va subir des bombardements et autres attaques visant à détruire les industries d’armement, qui précédemment étaient destinées à la fabrication de jouets. Par mer, et pas loin de la digue du port, à partir des porte-avions “Canarias” et “Baléares” vont être effectués 78 bombardements sur la ville, laissant un total de 36 morts. L’attaque la plus meurtrière est survenue le 18 octobre 1938, en tuant 12 personnes et blessant 18 autres. Pendant ce temps, la ville se défendait avec des batteries stationnées dans Les Marines et Les Rotes. Un tunnel de 200 mètres, au-dessous du rocher du château, fut construit entre 1937 et 1938 par l’État Républicain de Dénia, pour que la population puisse se réfugier lors des bombardements de l’aviation nationaliste.
Après la guerre, le tunnel est resté ouvert reliant ainsi deux parties de la ville. Il a deux entrées, une est située dans le centre historique de la ville, et l’autre dans la paroi nord du château. Dans la nuit du 2 novembre 1936, plusieurs personnes ont été lancés depuis la Plana du Montgó, dans un gouffre de 70 mètres de profondeur. Les corps d’au moins 21 victimes ont été retrouvés suite à cette « Nuit du gouffre ». En novembre 1939, 51 personnes, dont un ancien maire de Dénia, le socialiste Salvador Beltrán ont été fusillés contre un des murs du cimetière. Le 18 octobre 2018, jour du 80e anniversaire de la guerre civile, une plaque commémorative a été installé dans la rue « La Via », sur les lieux de la tragédie, pour rendre hommage à toutes les personnes décédées dans les attaques aériennes et maritimes de la guerre civile.
Retour en Espagne et la fête des rois mages du 14 janvier 2019
 Comme nous l’avions annoncé lors de notre présentation des bons vœux, l’année 2019 risquera d’être une année renversante !
Après avoir passé les fêtes auprès de nos proches, nous retrouvons l’Espagne le 2 janvier 2019, impatients de prendre possession de notre nouvelle location. A cette époque de l’année, le soleil brille toujours et encore. Néanmoins, les nuits sont fraiches, très fraiches même et l’habitation dans laquelle nous nous installons est humide.
Il faut dire qu’ici rien n’est prévu comme en Lorraine pour affronter le froid. Il fait une quinzaine de degrés dans ce pavillon de 80 m2 et les moyens de chauffage sont restreints. Bref, au bout de 2 jours me voilà couché pour la journée avec les symptômes d’un état grippal. A peine remis, c’est au tour d’Hélène de passer une journée sous les couettes. Le moins que l’on puisse dire c’est que le démarrage de notre seconde partie d’exil est plus que laborieux !
Nous assisterons néanmoins à l’un des événements phare de la ville : « Los Reyes Magos ». Le 5 janvier Dénia fête les rois mages. On dit ici que Melchior, Gaspard et Balthazar sont arrivés sur le port de la ville en provenance d’Orient. Un long cortège sillonne les rues de la ville en tête duquel un facteur royal ramasse les lettres des enfants avec leurs souhaits de cadeaux. Depuis leurs carrosses, les rois distribuent de bonbons. Cette tradition est importante pour les espagnols et est très attendue par les enfants. Pour une petite minorité de foyers, c’est le Père Noël qui amené les cadeaux aux enfants le 24 décembre, mais pour la grande majorité, ce sont les Rois Mages qui les apportent. En principe, les enfants qui se sont bien comportés reçoivent des cadeaux et les enfants qui se sont mal comportés reçoivent du « carbón de Reyes » qui sont des petits sachets de sucreries de couleur noire. Voici une brève présentation de ces Rois Mages. Melchior, qui apporte de l’or, est souvent représenté comme un homme blanc âgé, aux cheveux blancs et à la barbe longue. Il représenterait l’Europe. Il a parcouru entre 2000km et 3000km pour atteindre Bethléem. Gaspard, est le plus jeune des Rois Mages. Il est représenté en ayant le teint hâlé, imberbe ou avec une barbe noire. Il serait le messager venant d’Asie car il est originaire de l’Inde. Il a voyagé pendant 3000km à 3500km avant d’approcher l’enfant. Enfin, Balthazar le Roi Mage dont la peau est de couleur noire, vient d’Afrique et amène avec lui la myrrhe. Il aurait parcouru de 3000km à 4000km pour atteindre son but. Pendant longtemps, notamment chez les Chrétiens d’Orient, le jour de l’Épiphanie a été une date plus importante que le jour de Noël car on y célébrait la présentation de l’Enfant Dieu au monde des hommes.
La ferveur de la population pour cet événement festif nous apporte un peu de chaleur. De plus, les clichés pris en Lorraine avant notre retour en Espagne supportent mal la comparaison avec les vues de notre quotidien ici et conforte notre choix de vie. Du côté des activités, Hélène a repris le VTT et les cours de Flamenco et pour ma part, j’ai effectué deux sorties vélo qui m’ont permis de croiser des équipes cyclistes en préparation telles que Deceuninck-Quick Step, Caja Rural-Seguros et Dimension Data. Malheureusement une descente de col sur route très humide m’a fait goûter au bitume espagnol. Les prévisions pour une année renversante se confirment !
Bénédiction des animaux du 20 Janvier 2019
En ce dimanche 20 janvier, la météo est pluvieuse sur Dénia ; la température avoisine les 10 ° et le vent souffle dans la rue « Marquès de Campo ». Cela n’empêche pas les habitants de se presser pour assister à une manifestation insolite : la bénédiction des animaux. Cette fête est patronnée par « Sant Antoni del Porquet » qui était un moine égyptien du IIIe siècle après J-C. Après sa mort, Saint Augustin l’a proposé comme mo dèle de vertus, mais sa fête a été introduite seulement au Xe siècle. Sant Antoni est toujours représenté en ayant à ses côtés un porcelet (porquet en valencien). Pour les uns, cet animal représente la tentation du démon et pour d’autres, les animaux qu’il a apprivoisés, c’est pour cela qu’il est le patron des animaux et du bétail.
Au moyen âge les moines Antonins avaient introduit la coutume de se promener dans la rue avec des porcs attachés à une laisse et avec un petit grêlon pour que les gens les alimentent. Leur viande se destinait aux hôpitaux ou se vendait pour recueillir de l’argent pour l’ordre. « Sant Antoni del Porquet », est donc devenu le patron des animaux, en garantissant leur protection et fertilité. La grande diversité d’animaux que vont recevoir la bénédiction, forment dans les rues de Dénia un cortège digne de l’arche de Noé.
La mi-année de la fête des Maures et des Chrétiens du 23 février 2019
Ballade à L’ermitage du « Pare Pere » du 06 mars 2019
Comme déjà évoqué lors de notre premier récit du 1 er octobre 2018, l’histoire du « Pare Pere » nous interpelle. Ce religieux nommé «Pedro Esteve » fit l'objet d'une grande dévotion par les habitants de Dénia et consacra beaucoup de temps à la prière et à la méditation dans une grotte située dans le Montgó. En parcourant la rue Loreto à la recherche d’un restaurant, nous découvrons une plaque commémorative attestant de la naissance de Frère Pedro Esteve à Dénia le 19 Octobre 1582. Cette découverte éveil à nouveau notre curiosité et nous profitons de la visite de ma cousine, venue passer quelques jours en notre compagnie, pour réaliser un pèlerinage. Nous partons donc sur les traces du religieux et au terme d’une courte marche nous voici à l’ermitage du « Pare Pere ».
Nous partons, dès le lendemain, sur les traces du religieux. Une marche d’un kilomètre à peine nous mène à l’ermitage du « Pare Pere ». A l’époque de la Conquête chrétienne, pendant les XIVe et XVe siècle, des ermitages s’érigèrent autour des villes chrétiennes. Ces ermitages étaient en général dans les orées des bois ou en plein milieu rural. Le style de construction était le même pour tous les édifices avec une seule nef couverte d’une charpente en bois et une toiture à double versant.
Pedro Alfonso Esteve appartenait au diocèse de Valence. Il rejoint, à l’âge de 18 ans, l’ordre franciscain dans le couvent Santa Maria de Jésus de Valencia. Il pratiquait la mendicité et allait pieds nus prêchant dans de nombreuses villes et villages d’Espagne en faveur des lieux saints. En 1633 les habitants de Dénia contractèrent le choléra et le Pare Pere organisa une procession. Après avoir bénit des pains, il les donna à manger aux malades qui selon les traditions furent guéris. Le Pare Pere est l’un des religieux le plus connu dans l’histoire de Dénia et des villages environnants. Même aujourd’hui il est l’axe principal de la religiosité des habitants de Dénia.
C’est aux pieds du Montgó, dans une maisonnette en pierre que le Pare Pere priait et méditait. Cette maisonnette est un antre voûté construit en pierre, si petit qu'il est difficile d'y pénétrer. La construction de l'ermitage prit fin au XXe siècle. Il abrite en son sein des scènes de la vie et de l'œuvre du Frère Pedro Esteve en céramique. Cet endroit continue à être aujourd’hui un lieu où les dévotes vont demander au Pare Pere de les aider.
Frère Pedro Esteve est décédé le 3 novembre 1658 au couvent royal de Valence. Le 20 Novembre, 1839 son corps a été retrouvé intacte et, à la demande de la ville de Dénia, a été transféré par mer à sa ville natale. Aujourd'hui, le sanctuaire est gardé par Enrique Oltra Perales franciscain, vice-postulateur de la cause de béatification du Pare Pere et des offices religieux se déroulent les weekends. Ce pèlerinage nous a, nous aussi conduit à la méditation …
 
 
 
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Par récits
Méditation du 1 er octobre 2018 Visite du village fantôme « El Greco » du 08 novembre 2018
Préoccupation du 07 octobre 2018 Sorties vélo dans la « Marina Alta » du 10 novembre 2018
Installation du 08 octobre 2018 Visite de Xalò du 15 novembre 2018
Intégration du 11 octobre 2018 Dénia et son histoire du 23 novembre 2018
Alimentation du 12 octobre 2018 Visite du « Cap San Antonio » du 24 novembre 2018
Acclimatation du 16 octobre 2018 La fête des rois mages du 14 janvier 2019
Cuisine & gastronomie locale du 19 octobre 2018 Visite du marché artisanal de Jesús Pobre du 13 Janvier 2019
Présentation de Dénia du 23 octobre 2018 Une journée ordinaire - le 19 Janvier 2019
Sortie vélo du 25 octobre 2018 Bénédiction des animaux du 20 Janvier 2019
Présentation du Port de Dénia du 27 octobre 2018 V’là l’Printemps ! du 25 Janvier 2019
Sortie vélo du 28 octobre 2018 La mi-année des Maures et des Chrétiens du 23 février 2019
Le point sur notre exil du 01 novembre 2018 Le point sur notre exil du 01 mars 2019
Cuisine & gastronomie locale du 29 octobre 2018 Ballade à L’ermitage du « Pare Père » du 06 mars 2019
Visite de la « Torre del Gerro » du 07 novembre 2018  
 

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