VOYAGES
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Notre exil à Dénia - PAGE 07
La fête des rois mages du 14 janvier 2019
 Comme nous l’avions annoncé lors de notre présentation des bons vœux, l’année 2019 risquera d’être une année renversante !
Après avoir passé les fêtes auprès de nos proches, nous retrouvons l’Espagne le 2 janvier 2019, impatients de prendre possession de notre nouvelle location. A cette époque de l’année, le soleil brille toujours et encore. Néanmoins, les nuits sont fraiches, très fraiches même et l’habitation dans laquelle nous nous installons est humide.
Il faut dire qu’ici rien n’est prévu comme en Lorraine pour affronter le froid. Il fait une quinzaine de degrés dans ce pavillon de 80 m2 et les moyens de chauffage sont restreints. Bref, au bout de 2 jours me voilà couché pour la journée avec les symptômes d’un état grippal. A peine remis, c’est au tour d’Hélène de passer une journée sous les couettes. Le moins que l’on puisse dire c’est que le démarrage de notre seconde partie d’exil est plus que laborieux !
Nous assisterons néanmoins à l’un des événements phare de la ville : « Los Reyes Magos ». Le 5 janvier Dénia fête les rois mages. On dit ici que Melchior, Gaspard et Balthazar sont arrivés sur le port de la ville en provenance d’Orient. Un long cortège sillonne les rues de la ville en tête duquel un facteur royal ramasse les lettres des enfants avec leurs souhaits de cadeaux. Depuis leurs carrosses, les rois distribuent de bonbons. Cette tradition est importante pour les espagnols et est très attendue par les enfants. Pour une petite minorité de foyers, c’est le Père Noël qui amené les cadeaux aux enfants le 24 décembre, mais pour la grande majorité, ce sont les Rois Mages qui les apportent. En principe, les enfants qui se sont bien comportés reçoivent des cadeaux et les enfants qui se sont mal comportés reçoivent du « carbón de Reyes » qui sont des petits sachets de sucreries de couleur noire. Voici une brève présentation de ces Rois Mages. Melchior, qui apporte de l’or, est souvent représenté comme un homme blanc âgé, aux cheveux blancs et à la barbe longue. Il représenterait l’Europe. Il a parcouru entre 2000km et 3000km pour atteindre Bethléem. Gaspard, est le plus jeune des Rois Mages. Il est représenté en ayant le teint hâlé, imberbe ou avec une barbe noire. Il serait le messager venant d’Asie car il est originaire de l’Inde. Il a voyagé pendant 3000km à 3500km avant d’approcher l’enfant. Enfin, Balthazar le Roi Mage dont la peau est de couleur noire, vient d’Afrique et amène avec lui la myrrhe. Il aurait parcouru de 3000km à 4000km pour atteindre son but. Pendant longtemps, notamment chez les Chrétiens d’Orient, le jour de l’Épiphanie a été une date plus importante que le jour de Noël car on y célébrait la présentation de l’Enfant Dieu au monde des hommes.
La ferveur de la population pour cet événement festif nous apporte un peu de chaleur. De plus, les clichés pris en Lorraine avant notre retour en Espagne supportent mal la comparaison avec les vues de notre quotidien ici et conforte notre choix de vie. Du côté des activités, Hélène a repris le VTT et les cours de Flamenco et pour ma part, j’ai effectué deux sorties vélo qui m’ont permis de croiser des équipes cyclistes en préparation telles que Deceuninck-Quick Step, Caja Rural-Seguros et Dimension Data. Malheureusement une descente de col sur route très humide m’a fait goûter au bitume espagnol. Les prévisions pour une année renversante se confirment !
Visite du « Cap San Antonio » du 24 novembre 2018
 Aujourd’hui, je souhaitais me rendre au « Cap San Antonio ». Lors de notre visite à la « Tour Guerro », j’avais relevé que l’un des nombreux sentiers de randonnées pédestres à cet endroit, permettez d’accéder à ce cap situé entre le « Montgó » et la mer.
J’étais sur le départ quand une nouvelle plus qu’inattendue me parvint. L’appartement, que nous avions loué avec un contrat en bonne et due forme, doit être récupéré par sa propriétaire. Chose étrange à laquelle nous devrons désormais faire face. Heureusement, il existe ici de très nombreuses locations même si la période d’octobre à mai n’est pas la plus courante. Le temps de me remettre de la nouvelle, et me voici parti pour ma destination, en voiture cette foi compte tenu du retard engendré. Je me dirige alors vers Xabia et avant d’y parvenir, bifurque dans sur la gauche pour accéder au cap.
Me voici donc sur un promontoire juché à 150 mètres au-dessus de la mer. Le trait d’union entre le majestueux Montgó et le Cap San Antonio, représente une zone de 110 hectares déclarée réserve naturelle le 9 novembre 1993. Dans cette zone, qui sépare les villes de Dénia et de Xabia, la flore est riche et variée et plus de 600 espèces s’y développent. Pendant la sécheresse de l’été, vont pousser en abondance les plantes à petites feuilles ou épines, qui leur permettent d’éviter des pertes d’eau importantes. La période des pluies, surtout en automne, apportera l’irrigation nécessaire pour le reste de la flore. Son versant nord est extraordinairement abrupt, par contre, son versant sud est beaucoup plus doux. La zone marine est interdite aux bateaux à moteur. Faire des randonnées dans cet espace ou la flore et la faune se développent en toute sécurité et tranquillité, nécessite quelques précautions et plusieurs interdictions comme : faire du feu, arracher des plantes, jeter des déchets, abandonner le sentier balisé, camper, déranger les animaux.
Au milieu du XIIIe siècle, peu de temps après que les chrétiens aient conquis ces terres, le Cap San Antonio s’est converti en lieu choisi par les ermites pour vivre une vie dédiée au recueillement et à la prière, prenant pour exemple la vie de Saint-Antoine. En honneur à ce saint, fut érigé durant le XIVe siècle un ermitage qui a finalement donné le nom à cet endroit. Pendant le XVIe siècle et grâce à la nécessité de protéger le littoral des incursions des pirates, une tour de vigilance fut construite, pour ensuite être démolie en 1894, laissant place à l’actuel phare. La pointe offre un certain nombre de sentiers de randonnée balisés que je n’utiliserais pas aujourd’hui. Je rebrousse chemin pour accéder à la seconde curiosité de ce cap.
À mi-parcours de la route, voici l'indicateur « Els Molins » mais se trouve également à cet endroit le sanctuaire "Notre-Dame des Anges". Il est géré par une communauté religieuse. Il compte une trentaine de chambres et un réfectoire de 60 places pour qui veut goûter à une retraite spirituelle dans le calme et la paix de cette pinède isolée. Dans le passé, désireux de se retirer loin du tumulte du monde pour se consacrer à la prière et au recueillement, des moines obtinrent du pape Grégoire XI (1370-1378) de fonder dans le royaume de Valence, un monastère suivant les rites de St Jérôme. Dans ce lieu sublimé par l'isolement et la grandeur sauvage de la nature, ces moines édifièrent en 1374, un monastère sur des terres offertes par D. Alonso de Aragon, duc de Gandia. Malheureusement, en 1388, le monastère fut pillé et incendié par des pirates dont les incursions étaient fréquentes à l'époque. Ce n'est que 3 siècles plus tard, que des chasseurs dont c'était le lieu de prédilection, trouvèrent parmi les débris et les herbes folles une toile peinte dédiée à Notre Dame des Anges. C'est cette toile qui trône au-dessus de l'autel aujourd’hui.
Je prends maintenant la direction de « Els Molins » par un sentier carrossable et arrive au point de vue où se détachent des moulins. Du XIVe au XVIIIe siècle, 10 moulins ont été construits pour moudre le blé et d’autres céréales, en tirant parti du « llebeig », ce vent qui souffle toujours sur le Cap San Antonio. Leur structure cylindrique de 7 mètres de hauteur sur 6 de diamètre, se composait d’un rez-de-chaussée servant d'entrepôt, et d’un premier étage comportant le mécanisme. Leurs grandes ailes de bois et de toile faisaient tourner des meules de pierre pour moudre le grain. Ces moulins ont été utilisés jusqu'au 19ème siècle et sont actuellement en cours de rénovation. Ils semblent former une garde de sentinelles dépourvues de leur arme, ce qui n’aurait sans doute pas été du gout de Don Quijote de la Mancha !
Avant de redescendre sur Dénia, je me laisse séduire par un chemin indiquant « la route des miradors ». Il s’agit en fait, du sentier menant du port de Xabia au cap San Antonio. Le soleil se couche sur la baie de Xabia et je ne me lasse pas de contempler les changements de couleurs m’offrant une multitude de tableaux tous différents dans un silence total.
Par ordre chronologique
Par rubriques
Par récits
Méditation du 1 er octobre 2018 Visite de Xalò du 15 novembre 2018
Préoccupation du 07 octobre 2018 Dénia et son histoire du 23 novembre 2018
Installation du 08 octobre 2018 Visite du « Cap San Antonio » du 24 novembre 2018
Intégration du 11 octobre 2018 La fête des rois mages du 14 janvier 2019
Alimentation du 12 octobre 2018 Visite du marché artisanal de Jesús Pobre du 13 Janvier 2019
Acclimatation du 16 octobre 2018 Une journée ordinaire - le 19 Janvier 2019
Cuisine & gastronomie locale du 19 octobre 2018 Bénédiction des animaux du 20 Janvier 2019
Présentation de Dénia du 23 octobre 2018 V’là l’Printemps ! du 25 Janvier 2019
Sortie vélo du 25 octobre 2018 La mi-année des Maures et des Chrétiens du 23 février 2019
Présentation du Port de Dénia du 27 octobre 2018 Le point sur notre exil du 01 mars 2019
Sortie vélo du 28 octobre 2018 Ballade à L’ermitage du « Pare Père » du 06 mars 2019
Le point sur notre exil du 01 novembre 2018 Les Fallas des 16,17,18 et 19 mars 2019
Cuisine & gastronomie locale du 29 octobre 2018 Météo et végétation du 10 mai 2019
Visite de la « Torre del Gerro » du 07 novembre 2018 La fête de la Vierge des Désemparés du Dimanche 12 mai 2019
Visite du village fantôme « El Greco » du 08 novembre 2018 La visite d'Alicante du lundi 20 et mardi 21 mai 2019
Sorties vélo dans la « Marina Alta » du 10 novembre 2018 Le bilan de notre exil 2018 - 2019

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