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DÉNIA 2018 - 2019
PRÉAMBUL : Nous sommes un couple de retraités vivant en Lorraine et souhaitons organiser notre retraite de la meilleure façon possible en programmant un long séjour en Espagne. Nous avons écrits de modestes récits tout au long du déroulement de ce séjour afin d’informer nos proches ainsi que toutes les personnes qui nous suivent pour en faire une sorte de journal de bord. Nous les restituons sur cette page Internet car nous pensons qu’ils pourront servir à d’autres personnes désireuses de se lancer dans cette aventure.
Vous avez la possibilité de naviguer grâce aux thèmes et rubriques ci-dessous.
 
 
Méditation du 1 er octobre 2018
Préoccupation du 07 octobre 2018
Installation du 08 octobre 2018
Intégration du 11 octobre 2018
Alimentation du 12 octobre 2018
Acclimatation du 16 octobre 2018
Cuisine & gastronomie locale du 19 octobre 2018
Présentation de Dénia du 23 octobre 2018
Sortie vélo du 25 octobre 2018
Présentation du Port de Dénia du 27 octobre 2018
Sortie vélo du 28 octobre 2018
Le point sur notre exil du 01 novembre 2018
Cuisine & gastronomie locale du 29 octobre 2018
Visite de la « Torre del Gerro » du 07 novembre 2018
Visite du village fantôme « El Greco » du 08 novembre 2018
Sorties vélo dans la « Marina Alta » du 10 novembre 2018
Visite de Xalò du 15 novembre 2018
Dénia et son histoire du 23 novembre 2018
Visite du « Cap San Antonio » du 24 novembre 2018
Méditation du 1 er octobre 2018
Nous venons de prendre possession de notre appartement. 3heures plus tard, nous contemplons le Montgó qui surplombe la petite ville espagnole de Dénia et qui abritait jadis le Frère Pedro Esteve. Ce religieux fit l'objet d'une grande dévotion à Dénia et consacra beaucoup de temps à la retraite, à la prière et à la méditation. Aujourd’hui, à notre tour, nous méditons ; avons-nous fait le bon choix ?
 
Préoccupation du 07 octobre 2018
La principale de nos préoccupations était de savoir comment gérer l’éloignement de nos enfants et petits-enfants. Cette journée nous a permis de constater qu’avec l’utilisation d’appels visio, il nous était tout à fait possible de nous rapprocher et de ne pas trop souffrir de cet éloignement. Nous avons durant cette journée, pu voir et converser avec chacun de nos êtres chers.
 
Installation du 08 octobre 2018
La première semaine de notre long séjour fut consacrée principalement à notre aménagement dans notre location. Afin de parfaire notre installation, certains achats furent nécessaires. En premier lieu, un thermomètre afin de constater si la raison principale de notre exil était bien justifiée. De ce côté-là, et compte tenue de l’été indien qui règne actuellement sur la Lorraine, le gain d’ensoleillement n’est que minime. Nous attendrons le mois de janvier 2019 pour refaire le point. Il nous a fallu également nous équiper d’une pendule qui a pris place sur un mur de notre appartement pour nous rendre compte du temps qui passe. Les espagnols ne vivant pas au même rythme que nous, nous nous sommes donc adaptés. Par exemple, les horaires d’ouverture des commerces se situent entre 10 et 13h30 le matin et entre 17 et 20h30 l’après-midi. Quant aux grandes surfaces, elles sont généralement ouvertes de 10h à 22h.
 
Intégration du 11 octobre 2018
Après une période d’installation, nous voilà prêt à travailler la partie intégration de notre long séjour dans cette région espagnole accueillante. Ce qui nous avait séduit lors de nos voyages de prospection c’était la douceur de vivre qui règne à cet endroit. Douceur du climat bien sûr mais également la gentillesse et la disponibilité de ses habitants. Notre aspiration à une retraite heureuse passait indéniablement par ces deux critères ; soleil et sourires. Côté administrations, il nous faut revoir nos attentes à la baisse. Pour obtenir le N.I.E. par exemple (Numéro d’Identification des Étrangers), il nous faudra attendre 2 mois pour un rendez-vous. Ce document est obligatoire dans la plupart de démarches administratives auprès d’organismes privés comme pour l’ouverture d’un compte bancaire, souscription d’assurances, demande d’un prêt hypothécaire, achat d’un véhicule, achat d’un logement, obtention du numéro d’inscription à la sécurité sociale, établissement d’un commerce ou d’une entreprise, obtention du permis de conduire, homologation et équivalence de diplômes et études... Il faut souligner que de nombreux étrangers résident ici avec des 2,3% d’Allemands, 2,2 % de Roumains, 2% d’Anglais, 1,5% de Russes, et 1% de Français. Le second volet de l’opération « intégration » sera l’apprentissage de la langue. La langue dite « Espagnol » en soi n’existe pas. Le Castillan, langue parlée à Madrid et dans des autres régions d’Espagne, est la langue officielle du pays. En plus du « Castellano », les différentes régions d’Espagne ont chacune leurs langues propres : Catalan dans la Catalogne, les Îles Baléares, Aragón Oriental est aussi dans toute la communauté valencienne, même si on l’appelle le valencien. Le Galicien est parlé au nord de l’Espagne, en Galicie. Euskera dans le pays Basque et Navarre. Nous avons donc obtenu, au bout de 2 jours, un rendez-vous pour nous inscrire à l’enseignement du « Castillan » au « Centro Público de Formación para Personas Adultas ». Réponse dans 15 jours !
 
Alimentation du 12 octobre 2018
Un autre critère d’importance pour le choix de notre destination concernait notre penchant pour une alimentation saine et équilibrée. Des produits provenant de circuits courts, à prix raisonnables auraient donc la faveur de notre assiette !
Le produit phare ici est sans conteste le poisson provenant des pêcheurs du port de Dénia. Quelques conseils plus tard, nous avons une idée précise de notre repas du jour. Il faut dire qu’Hélène est une cuisinière hors paire, native de la capitale de la gastronomie française et toujours à la recherche de nouvelles recettes. Les produits fraichement achetés le matin même à prix très raisonable tels que le maquereau, la sardine, les moules, le poulpe et un peu plus honéreux, le calamar, la daurade, les crevettes, le rouget, nous ont séduit par leur saveur et leur originalité ; moules crues avec huile d’olive, ail, persil, citron et paprica et sardines aux herbes et citron cuites au barbecue. La viande que nous consommons avec modération est quand à elle de meilleure qualité que celle proposée dans notre région mais n’est que peu avantageuse au point de vue prix. Enfin, nous avons découvert avec bonheur, une quantité de boudins aux goûts tous très différents. Désormais, notre alimentation sera principalement constituée de produits de la mer achetés sur le marché local ou directement sur le port. Petit bémole néanmoins, nous sommes toujours à la recherche d’un vin pouvant accompagner ces mets. Côté restauration, Dénia n’est pas en reste étant considérée comme la capitale gastronomique de la Costa Blanca nommée fin 2015 comme ville gastronomique par l’UNESCO. Les plats typiques de Dénia ont pour acteurs principaux les fruits de mer, le poisson frais, les légumes, et les beignets frits, le tout accompagné ou préparé avec une délicieuse huile d’olive. Tous ces produits font partie de la diète méditerranéenne connue par ses bénéfices pour la santé en faisant diminuer le mauvais cholestérol. Notre rituel du soir reste immuable au fil des jours ; repas façon « Hélène » à la bougie sur notre terrasse accompagné de musique Blues.
 
Acclimatation du 16 octobre 2018
Notre appartement en Lorraine se situe dans une résidence en bordure de forêt et donc peu exposé au soleil et à la chaleur. De ce fait, nous souhaitions légitimement remplacer les longs mois d’hivers à Marange Silvange par ceux d’une contrée plus chaleureuse. Il faut avouer que dès notre arrivée en Espagne il y a une quinzaine de jours maintenant, la différence ne fut pas transcendante. En effet, la Lorraine profitant en ce mois d’octobre, d’une météo anormalement chaude, les températures sont équivalentes en journée. Néanmoins, l’appartement dont nous jouissons à Dénia, nous permis immédiatement de nous exposer sur l’une des trois terrasses disponibles, que cela soit pour nos repas ou nos bains de soleil. De ce fait, cette exposition a nécessité une période d’acclimatation. De plus, le fait, que la ville de Dénia soit bordée par la mer Méditerranée et que l’Espagne se trouve à une assez courte distance de continent africain, les phénomènes atmosphériques influencent son climat. Des déserts du continent africain arrivera « La Calima ». Calima est le terme qui désigne la présence de particules en suspension dans l’air qui arrivent du continent africain, principalement du désert de Sahara et du désert du Sahel. En automne, lors du refroidissement de l’air, la belle mer Méditerranée va apporter la Gota Fría qui se produit par le contraste thermique entre la température de l’eau de la mer Méditerranée après l’été, et l’entrée de masses d’air froid dans l’atmosphère. Dans la Marina Alta, les montagnes de l’intérieur produisent un effet de barrière, c’est pour cette raison que les décharges de pluie se produisent relativement près de la mer. Le phénomène de la Gota Fría se produit environ 20 à 30 fois par année, mais elles ne sont pas toujours accompagnées de pluies torrentielles. La ville de Dénia possède néanmoins, un climat privilégié avec plus de 300 jours annuels de soleil et un microclimat qui la différencie des villes des alentours. Pendant les mois d’hiver, le climat est doux avec une température moyenne de 12ºC et la température moyenne pendant les mois d’été est de 25ºC.
 
Cuisine & gastronomie locale du 19 octobre 2018
Après un bref tour d’horizon des produits locaux à prix abordables, Hélène a concocté deux recettes dignes d’intérêt. L’achat de légumes BIO issus de la production locale et de produits de la mer sur le marché de Dénia, nous ont inspirés ces deux recettes : gambas grillées et riz Bomba de Pégo (petit village situé à 15 km de Dénia) avec coulis de tomate pour la première et calamar, ail, persil et oignon accompagné  de « pimientos de padron » (petits piments revenus à la poêle, salés à la fleur de sel). 
D'autre part, Dénia étant l’une des capitales gastronomiques de l’Espagne, la ville organise du 19 octobre au 18 novembre 2018, une manifestation intitulée « La route des tapas ». Il s’agit de venir découvrir chaque soir, dans l’un des 40 restaurants de la ville, une tapas proposée par le restaurateur, accompagnée d’un verre de vin et ce pour le prix de 3 €. Chaque participant pourra alors noter sur 3 critères ; dégustation, créativité et service, la tapas proposée. A l’issue de cette opération, restaurateurs et participants seront récompensés. Nous allons donc nous prêter au jeu et vous ferons part de nos découvertes.
 
Présentation de Dénia du 23 octobre 2018
Voici donc la ville que nous avons choisi pour notre exil hivernal. Après trois séjours de prospection, notre choix s’est porté sur une location toute proche du centre-ville. Dénia est située sur la Costa Blanca, à 95 km de Valence, Alicante et Ibiza. Nichée au pied du Montgo’, elle est surplombée par un château dont les murs entourent la vieille ville. Nous avons recueilli quelques éléments de présentation. La température diurne descend rarement en dessous de 16 ° C à l'ombre, même en hiver. L'Organisation Mondiale de la Santé conseille Dénia pour son climat doux et salubre. Caractérisé par des étés pas trop chauds et des hivers pas trop froids, ce lieu est parfait pour y passer l’hiver.
A son origine, la ville était habitée par des peuplades ibères. Puis, elle devint romaine, et nommée « Dianum » car placée sous les auspices de la déesse Diane. Les vestiges archéologiques retrouvés témoignent d’une époque riche, avec un port très actif où confluaient des navires de commerce mais également la flotte impériale. Puis, ce fut « La Daniya » musulmane qui connut une longue période de richesse et au Xème siècle, elle se hissa au rang de Taïfa (sorte de petit royaume). Avec la reconquête chrétienne, Dénia conserve sa suprématie et devient capitale d'un comté puis d'un marquisat. Au XIXème siècle, Dénia connut un essor économique extraordinaire grâce au commerce du raisin. Le raisin sec a été un moteur économique pour Dénia, et a contribué au développement urbain de la ville en créant un environnement culturel et une société bourgeoise solidement établie. Aujourd’hui, la pêche reste une activité économique importante à Dénia.
Au début du XX ème siècle se développe à Dénia le commerce du jouet. Et la culture du raisin sec est remplacée par la production d’agrumes. De nos jours, le tourisme est une autre source de revenus. Le tourisme de plage est l'activité économique dominante de Dénia dont la population passe de 45 000 habitants à 200 000, l'été. La population espagnole représente le 77,95 % du total des habitants de Dénia. Les espagnols résidents, proviennent aussi d’autres régions : Andalousie, Madrid, Galice, Murcie, Pays Basque….. Les résidents étrangers provenant de l’Union Européenne représentent environ le 10% de la population étrangère. Cette partie de la population vit à l’année à Dénia et participe entièrement dans la vie de tous les jours. Dénia est, en outre, dotée d'un important port de plaisance, de pêche et de transport maritime avec toutes les activités qui en découlent. Grâce à un important trafic de ferries, on peut rejoindre Formentera en 2h30 (visite prévue en 2019), Ibiza en 3h30, et Palma de Majorque en 7h45.
Dénia possède une côte de 20 km constituée de plusieurs plages qui se divisent en deux sections. Celles de Las Marinas sont plus sablonneuses, alors que celles de Las Rotas sont plus pierreuses. Le bas de la ville est intéressant d’un point de vue architectural et a su conserver les caractéristiques typiques des quartiers de marins-pêcheurs méditerranéens. Nous souhaitions trouver une location précisément à cet endroit charmant, mais ces anciennes maisons de pêcheurs sont de très petites tailles et le prix de location demandé au-dessus de nos possibilités. Cales de Dénia est un ensemble d’habitations à l’architecture typiquement méditerranéenne dans laquelle se trouvait l’ancienne médina. Ce quartier est situé à proximité du château et se distingue par ses maisons basses et ses rues étroites. La rue Cavallers et la rue Major, San José et Loreto conservent un ensemble de maisons en relation avec la richesse et la bourgeoisie qu’engendra la production de raisin sec. Nous vous ferons découvrir plus en détail ces quartiers. Vu également dans la ville de Dénia "EL MONUMENTO AL SOL", le monument du soleil visible au rond-point situé face au port. Des vues différentes selon l'endroit où l'on se trouve et des reflets magiques !
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Sortie vélo du 25 octobre 2018
Bon, allez, aujourd’hui pas de bain de soleil, je vous emmène faire un tour de vélo dans l’arrière-pays de Dénia. La température est idéale et le parcours que je me suis fixé risque de me faire découvrir des paysages aux multiples facettes. Je quitte l’appartement pour longer le port jusqu’au rond-point du monument du soleil. Déjà à ce stade, les couleurs de la végétation, le calme du port de plaisance et le majestueux Montgó en arrière-plan me motivent pour la suite des événements.
Je me dirige maintenant vers « El Verger » et sens derrière moi la présence d’un cycliste à qui je demanderais (en espagnol s’il vous plait !), la direction du petit village de « Pégo ». Le cycliste espagnol me fait signe de « prendre sa roue » et nous traversons allégrement le parc naturel de la Marjal habité par de nombreuses espèces animales et végétales qui cohabitent au milieu des rizières. On trouve sur cet espace, de petites exploitations de moins de 2 hectares, peu mécanisables. Le riz y est cultivé sans produits chimiques, ce qui contribue à maintenir la culture locale et possède également des effets positifs sur l’environnement, en créant une zone de transition entre le marais et les alentours. Il y a peu de dénivelé sur cette route et mon guide Alejandro roule à 28 km/h. A l’approche de Pégo, qui fut le lieu initial retenu pour l'implantation d'Eurodisney avant que Paris ait été choisi comme emplacement final, nous traversons des plantations d’orangers. Après Pégo, la route s’élève quelque peu et je questionne mon guide sur le profil qui nous guette car malgré la difficulté relative de la route (4 Km à 5% de dénivelé positif), Alejandro ne semble pas vouloir changer de braquet et conserve le grand plateau. Il faut me rendre à l’évidence, si je souhaite rester lucide afin de profiter des paysages magnifiques qui arrivent, il me faut dire « Adios » à mon compagnon de route.
C’est donc seul que je traverse les vignobles de Xalo qui est connu pour son vin et la « Mistela » alcool suave ressemblant au Muscat français. Xalo est également connu pour son marché appelé « Rastro » dont le succès réside dans sa large gamme d’antiquités, spécialisée dans le mobilier et les ustensiles anciens. Je pense y revenir pour une visite plus en détail.
Les kilomètres défilent et la température atteint maintenant 27°. Il faut jouer ici du dérailleur car les montées se succèdent et j’ignore ce que me réservent les derniers kilomètres. Je dois avouer que je suis quelque peu surpris par l’attitude des automobilistes qui ne cherchent pas à vous dépasser coute que coute et qui n’utilisent pas systématiquement leur klaxon en dépassant un cycliste ; même lors de mes ascensions à 12 km/h !
Me voici maintenant à Lliber qui compte 1.091 habitants. Lliber est le troisième des municipes d’Espagne avec un plus grand pourcentage de résidents de nationalité étrangère, 62,80 %, 341 Britanniques et 111 Allemands. Son économie se base principalement dans la culture du raisin, pour l’élaboration des raisins secs et du muscat. Amandiers et orangers complètent la culture des terres. Je regagne le littoral et traverse Xàbia.
Cette magnifique petite ville comporte des rues étroites et ses fameuses maisons blanches témoignent de son riche passé historique. Il me faut maintenant gravir 2,5 Km à 8% de pente moyenne pour atteindre le contrefort du Montgó sur les hauteurs de Dénia. La sortie se termine et j’ai ainsi parcouru 75 kilomètres avec 871 mètres de dénivelé en votre compagnie.
 
Présentation du Port de Dénia du 27 octobre 2018
Avec plus de 2.000 ans d'histoire, le port de Dénia a une grande importance historique en raison de son emplacement stratégique. Proche des îles Baléares, il fut d’abord la base navale, le port et le camp d'approvisionnement avant de devenir en 1015, la grande flotte navale du roi des Taifa. C’est de cet endroit que commença la conquête des îles Baléares et de la Sardaigne.
Il fut le centre du trafic maritime jusqu'à l'arrivée des chrétiens en 1244. Le port de Dénia a un passé commercial mais il fut également un repaire de pirates. En 1609 il est devenu le principal port de bannissement des Maures, atteignant une grande importance militaire. Après la destruction de la ville 1705, débute l'exportation de raisins secs et le port devint le plus importants de la côte est. Sa forme se définie par deux digues avec un accès protégé par des enrochements, ce qui permet un accès sûr, même par mauvais temps.
Il dispose d'excellentes installations pour les sports nautiques et l’amarrage de méga yachts. Il possède, devant le quai principal, d’un marché au poisson (POSIT) et d’un atelier de cordes. Dans le port de Dénia les pêcheurs apportent tous les jours des poissons frais que l’on retrouve, le soir même, dans les plats servis dans les restaurants ! Tous les jours, du lundi au vendredi, les bateaux de pêche arrivent au port entre 16h30 et 18h00 en ramenant avec eux une grande variété de fruits de mer : crevettes rouges de Dénia, homards, oursins, poulpes, moules, calamars ainsi qu’une diversité de poissons du littoral, rougets, maquereaux, dorades, sardines… Chaque année, au mois de Juin, les bateaux de pêche restent au port pour un arrêt biologique. Seuls des petits bateaux nommés « tresmall » pratiquant la pêche artisanale à l’aide d’un filet composé de 3 couches de mailles sont habilités à continuer la pêche. Leur pêche est triée dans des cagettes, pour passer ensuite au stade de la traditionnelle criée, dans la Halle des marées.La vente au détail de ces produits frais pour le public se passe sur place, dans la poissonnerie de la confrérie de pêcheurs. L’arrivée des bateaux de pêche et leur déchargement est un spectacle journalier suivi par un grand nombre de personnes, touristes et résidents de Dénia.
Une autre activité du port sont les liaisons commerciales et touristiques intenses avec les îles. En 2016, une importante rénovation du port de Dénia permit l'extension de la zone avec la plantation d’arbres et la création d’une piste cyclable. Le port de plaisance de Dénia, comprend des bars, des restaurants, des cafés, des pubs, des discothèques et des entreprises nautiques.
 
Sortie vélo du 28 octobre 2018
Il me faut vous faire part d’un changement radical de température sur Dénia et ses environs. En effet, il y a quelques jours encore, j’effectuais en votre compagnie, une sortie à vélo dans l’arrière-pays par une température de 27°. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Un épisode de « Gota fria » (goutte d’air froid) plonge la région dans une ambiance quelque peu « hivernale ».
La sortie du jour se fera donc avec un équipement cycliste a dapté en ayant une pensée pour les cyclistes lorrains qui souffrent en ce moment. Bien entendu, les températures ne sont pas comparables à celles de la Lorraine et je me contente volontiers de me 14° pour cette sortie. Il faut dire que comme sur les régions côtières espagnoles de la méditerranée, de nombreux vents évoluent et soumettent le littoral à de brusques changements météorologiques. Ainsi, ici se succèdent le Leveche, le Poniente, le Levante et le Garbí avec des rafales plus importantes à partir du mois de novembre. Cette année l’épisode est plus présent compte tenu de l’été exceptionnel qui a sévit un peu partout. Je vous avais fait part de la présence de rizières dans le Parc Naturel du Marjal de Pego-Oliva. Après avoir franchi la côte de « Monte Pego », la vue est révélatrice. On y distingue une partie du parc et la côte de « Nova Dénia » en arrière-plan. Cet espace était à l’origine un ancien golfe protégé par une barrière de sable. Le marais s’étire sur neuf kilomètres de long et il est traversé par un grand nombre de canaux. Les eaux du marais abritent des espèces animales, poissons dont le samarugo qui est une sorte de carpe, tortues, et il est classée en zone de protection spéciale d'oiseaux. Le riz qu’on y cultive (Bomba de Pego) est idéal pour les paellas traditionnelles et autres plats de riz typiques de la région. C'est l'une des zones humides les plus importantes d’Espagne pour sa beauté naturelle entre les montagnes et la mer, et pour sa faune et sa flore rares.
Au fil des kilomètres, je traverse de nombreuses plantations : oranges, mandarines, citrons, olives et même un champ de grenades ! La sortie se termine sous le soleil et 18°. Le soir, les couleurs du ciel me laissent présager d’un nouvel épisode météorologique mais lequel ?
 
Le point sur notre exil du 01 novembre 2018
Il est temps maintenant de dresser un premier bilan sur ce long séjour en Espagne après tout juste un mois d’exil.
Notre appartement : les 80 mètres carrés de surface habitable sont bien agencés et nous conviennent parfaitement. Il faut dire que les 3 terrasses ont été des lieux privilégiés ou nous avons passé le plus de temps, que cela soit pour prendre nos repas ou pour nos expositions au soleil encore présent en cette période. Par la suite, il nous faudra être vigilant car l’humidité relative due à la proximité de la mer, nécessitera de faire fonctionner le chauffage électrique et ici le prix de l’électricité est légèrement supérieur à celui de la France.
Du côté des commodités, nous ne manquons de rien si ce n’est peut-être que d’un pèse personnes afin de contrôler l’évolution de notre poids, compte tenu de l’honneur que nous faisons à la gastronomie locale ! Il ne nous est pas apparu primordial de faire des recherches afin de nous connecter aux chaines télévisées françaises dès notre arrivée. Et puis, au fil des jours, nous avons organisé notre vie sans le petit écran. Du coup, nous consacrons plus de temps à la discussion et apprécions d’écouter de la musique en mangeant. Le soir nous regardons quelque fois un film à la demande sur notre tablette. Plus de publicité polluant notre existence et pour les informations, nous utilisons les réseaux sociaux sur lesquels nous piochons çà et là. Au final, nous en savons autant que sur les chaines télévisées françaises quelquefois pas très objectives et nous ne sommes plus contraints de respecter le moindre horaire. Voilà un mode de vie appréciable et reposant !
Nos activités : durant les 15 premiers jours de notre séjour, nous avons goûté au plaisir de la plage distante d’un kilomètre à peine et de la piscine de notre résidence. Les visites des marchés régionaux ont également fait partie de nos activités et nous ont permis de faire connaissance avec les produits locaux. Mais « l’activité » qui nous a le plus séduit fut incontestablement les séances d’exposition au soleil sur terrasse. Personnellement, j’étais loin de me douter que cela me ferait autant de bien. Dans le domaine physique et sportif, Hélène a effectué 6 sorties VTT de 25 kilomètres sur la « via verde » en appréciant les paysages la sécurité et le grand air. Pour ma part, j’ai réalisé 650 kilomètres de vélo sur les routes de l’arrière-pays qui m’ont permis de découvrir des lieux improbables. J’ai également apprécié le comportement des automobilistes respectant le dépassement des cyclistes avec les 1,5 mètres obligatoires.
La ville : Dénia est appréciée pour sa tranquillité par les retraités européens et c’est l’une des raisons de notre choix de destination. C’est une ville où l’on se sent en sécurité. La criminalité y est quasiment inexistante selon les renseignements que nous avons eus. Pourtant Dénia est aussi une ville festive ! C’est d’ailleurs la ville qui compte le plus grand nombre de fêtes parmi toutes les villes d’Espagne. Tout est prétexte à « la fiesta », et il n’est pas rare de se retrouver dans une fête improvisée ou devant un spectacle de rue dans le centre historique. Cette ambiance chaleureuse engendre quelques tumultes bien légitimes et au final rassure. Bref, cette ville n’a pas fini de nous étonner et c’est tant mieux !

Notre intégration : nous nous étions inscrits à des cours d’espagnol (Castillan) il y a une quinzaine de jours et nous n’avons pas encore été contactés. Le rythme espagnol sans doute, nous commençons à le prendre en considération ! Hélène en est à son second cours de Flamenco et il faut dire que les appréciations de Rebecca, professeur de danse, sont plutôt encourageantes. En effet, l’apprentissage se faisant visuellement car le débit d’élocution de la danseuse ne permet de comprendre qu’une partie réduite des consignes. La barrière de la langue reste, malgré nos efforts, un sujet handicapant pour toutes nos démarches mais la population espagnole reste serviable et souriante.

Notre bilan : parmi les raisons qui justifiaient notre projet d’exile, figurait en premier lieu la recherche de chaleur et de soleil. Du côté de la chaleur, nous sommes dans les clous même si cette année est une année exceptionnellement mauvaise au dire de la population de Dénia. Côté lumière et ensoleillement, notre appartement en Lorraine se situant en lisière de forêt, il n’y a pas photo et Dieu sait si le soleil a un effet bénéfique sur le moral ! L’élément numéro deux de notre projet d’exil était la douceur de vivre que nous avions constaté lors de nos 3 séjours de prospection à Dénia. Là, on est dans un autre monde ! On ne s’énerve pas, ce qui parait en totale contradiction compte tenue du tempérament espagnol. On vit en toute sécurité même la nuit dans les quartiers délaissés de la ville. Enfin, on rit on fête et… on avance doucement !

Concernant le coût de la vie voici ce que l’on a constaté : carburant : moins cher, nourriture : légèrement moins cher car Dénia est une ville touristique avant tout (nous essaierons d’autres villes de l’arrière-pays pour nous ravitailler pour les mois prochains), électricité : légèrement plus cher, restaurants : là encore il vaut mieux s’éloigner du centre-ville pour trouver des repas bien moins chers que chez nous. Le cadre de vie dont nous profitons du haut de nos terrasses ; mer d’un côté et montagne de l’autre, nous apaise dans les moments de doute. Voilà, malgré le froid relatif qui a fait son apparition, nous restons très enthousiastes pour la suite de cet exil. Nous remercions nos enfants qui nous soutiennent dans notre démarche et vous tous qui nous lisez depuis notre arrivée en Espagne. A Bientôt !
 
Cuisine & gastronomie locale du 29 octobre 2018
Comme nous vous l’avions relaté lors de notre dernier compte rendu du 19 octobre consacré à la cuisine et à la gastronomie locale, la ville de Dénia organise une opération nommée « Route des Tapas » à laquelle participent 40 restaurants de la municipalité du 19 /10 au 18 /11/2018. Ils proposent ainsi la tapas de leur création pour 3 € avec un verre de vin ou de bière. Chaque dégustateur pourra noter la tapas proposée sur  3 critères ; dégustation, créativité, service. A l’issue de cette opération, des récompenses seront attribuées au restaurateur vainqueur ainsi qu’aux personnes ayant participé à cette 13ème « Ruta de Tapas ». Après 15 établissements testés pour cette opération, nous avons été séduits par le restaurant « Ami Gournet » pour sa création « Explosion Marina ». Thon et gambas grillés sur un cylindre de pomme de terre aux saveurs de la mer …. Tout un programme. Nous avons donné la note maximale pour les 3 critères de notation pour cette réalisation. Le restaurant « La Cuina de Pepa » a également retenu notre attention avec un mini burger aux saveurs épicées. Au cours de nos dégustations, nous avons rencontrés de très nombreuses personnes qui suivaient la même « Ruta » que nous tout cela dans une ambiance chaleureuse malgré des températures moins estivales qu’à notre arrivée. D’autres établissements nous ont proposé des créations originales comme ce ravioli de queue de bœuf, champignons et crème de patate que nous avons aimé. L’aspect découverte d’établissements, souvent minuscules, a largement contribué au charme de cette opération. Souvent, nos estimations se sont révélées identiques, mais il est arrivé qu’Hélène et moi n’avions pas le même point de vue sur les créations proposées. Certaines tapas n’ont obtenu aucun points sur les 3 critères de notation pour chacun de nous deux, mais notre curiosité nous a fait cheminer dans Dénia souvent très tard dans la soirée. Nous comptons faire encore de belles découvertes avant le 18 novembre et remettrons nos carnets de notation à l’office du tourisme de la ville pour le dépouillement de l’opération.
Inspirée par ces dégustations, Hélène s’est lancée dans ses propres créations de tapas. Elle a ainsi soumis à mon approbation une tapas de « Morcilla » (boudin noir séché aromatisé aux épices et à la cannelle) sur un canapé d’houmous (purée de pois chiches) et pain grillé, ainsi que ces gambas grillées au riz de Pego, poivrons et gingembre. Produits du terroir naturellement et note maximum bien sûr !
 
Visite de la « Torre del Gerro » du 07 novembre 2018
Cette journée ensoleillée du mercredi 7 novembre nous a motivé pour une petite balade le long de la mer jusqu’à la tour de guet située au bout du quartier des « Rotes ». Douze kilomètres pour une superbe vue sur la côte de Dénia, voilà un beau programme pour se remettre à la pratique de la marche. En quittant notre appartement, nous nous dirigeons vers le Sud et longeons la côte qui est rocheuse de ce côté-l à mais ou se succèdent 4 criques offrant des vues différentes situées dans la réserve marine de San Antonio. Cette zone a été déclarée lieu d’intérêt pour ses micro-réserves. Après avoir passé les plages du « Trampolí » et des « Arenetes », nous voici à la « Punta Negra » connue pour la pratique de la plongée dans des eaux limpides et turquoises. Cette pratique est ici réglementée et nécessite une autorisation car limitée à 10 permis par jour. De ce fait, certaines espèces protégées comme les éponges et les cigales de mer peuvent s’y reproduire.
La côte, très découpée en cet endroit, présente une topographie sous-marine variée. Elle offre aux plongeurs des sites en eaux sablonneuses et peu profondes mais également des fonds marins rocheux. On y pratique également le surf. Cette zone connue sous le nom de « La Chimenea » (la cheminée) est appréciée par les sportifs de toute l’Espagne et a même reçu la Coupe d’Espagne de Kitesurf en 2012. Nous voici maintenant au bout des « Rotes » où se situe la dernière plage. Cette crique, réservée aux nudistes, est surplombée par la fameuse « Cova Tallada » (grotte taillée) que l’on visitera lors d’une autre sortie.
Il nous faut maintenant gravir 100 mètres de dénivelé pour atteindre cette fameuse tour de guet distante d’un kilomètre. Cette tour faisait partie intégrante d'un système de vigilance qui se développa durant XVIe et XVIIe siècle pour défendre la baie des pirates barbaresques. Cet édifice singulier est de forme circulaire et tronconique scindée en deux parties. Sur les trois consoles qui la bordent, on peut observer l'écu de Charles Quin gravé dans la pierre. Érigée dans les années 1553 et 1554, elle appartient à la première génération d'ouvrages de défense côtière. Ces tours communiquaient entre elles, dans de nombreux cas, visuellement, bien qu'on utilisât d'autres moyens tels que des signaux avec des miroirs et le feu. Son emplacement a permis le contrôle d'une grande partie de la côte. Surplombant la mer de 132 mètres, elle est située dans les limites du parc naturel du Montgó. La vue d’ici est en effet imprenable et la végétation luxuriante à cette époque de l’année.
En observant le paysage vers ce majestueux Montgó, un village fantôme nous interpelle. D’où nous sommes, nous ne distinguons que des maisons vides taguées. Nous reviendrons demain pour en savoir plus !
 
Visite du village fantôme « El Greco » du 08 novembre 2018
Durant notre visite de la « Tour Gerro », un village fantôme nous avait interpellé et nous avions décidé d’en savoir plus sur ce qui paraissait être une anomalie dans le magnifique paysage du Montgó. Nous avons donc enfourché nos bicyclettes afin de visiter ce lieu insolite.
Après un sympathique arrêt sur les plages des « Rotes », nous avons escaladé la « Lloma del Castanyar » pour enfin arriver sur ce li eu mystérieux. La vue de la crête donne sur de profonds ravins et collines ou subsistent les vestiges de la culture en espalier du raisin sec. Un vaste projet d’urbanisation, démarré en 1973, devait voir le jour et donner naissance à 600 chalets sur ce promontoire. Après la construction de 111 chalets en 1980, le lieu fut proclamé « Parc Naturel du Montgó » et les autorisations furent révoquées. Le projet fut donc abandonné au même titre que les habitations déjà construites mais pas encore habitées. Depuis ce temps, le projet d’urbanisation devenu illégal, se transforme petit à petit en ruine où la végétation essaie de reprendre ses droits légitimes désormais.
De l’autre côté, la vue superbe sur la « Tour Gerro » en arrière-plan ainsi que les murs tagués aux ouvertures béantes laissant pénétrer de violentes rafales de vent, nous ont offert des moments intrigants. Seul le croassement de quelques mouettes a apporté un peu de vie à notre visite. Il faut bien avouer que malgré l’intrigue, ce lieu se prête formidablement bien à la réalisation de photographies surprenantes. Nous avions déjà ressenti cette ambiance lors de notre tournage sur les vestiges de la sidérurgie Lorraine réalisé en septembre dernier à Rombas (visible sur notre site :  https://www.studio6t.fr/14_portes_orne.htm ).
Il est temps maintenant de regagner notre appartement en profitant du soleil couchant sur le bord de mer.
 
Sorties vélo dans la « Marina Alta » du 10 novembre 2018
Une sortie VTT pour Hélène et une sortie route pour moi étaient au programme de la journée. Il existe à Dénia une voie verte qui serpente à travers les orangers, tracée sur l’ancien trajet de train Dénia – El Vergel. Le parcours balisé renseigne ses utilisateurs grâce à des panneaux d’information. Peu fréquentée à cette période de l’année, Hélène y fait quand même quelques rencontres !
Il faut reconnaître que la  région de la « Marina Alta » située entre Dénia et Calp, constitue un excellent terrain pour les pratiques cyclistes (VTT et route) de tous niveaux. Le profil abrupt et accidenté de la côte permet de découvrir des falaises, des îles et des réserves marines, des grottes, des tours de guet, des moulins, des sentiers de pêcheurs, des montagnes se jetant dans la mer et des vergers de fruits enivrants. Son climat a attiré, il y a de cela des siècles, les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Arabes, les Chrétiens et même les pirates barbaresques, alors, peut-on aujourd’hui, se considérer comme des envahisseurs chevauchant des montures d’acier ? (où de carbone).
Actuellement la principale source économique de la Marina Alta est le tourisme, même si à l’intérieur des terres l’agriculture est de rigueur comme la pêche dans les zones côtières. Cette province d’Alicante dont le chef-lieu est Dénia, appartient à la communauté valencienne. Pour ma part, j’ai opté pour une sortie très vallonnée sur la côte en direction du Sud jusqu’à Benissa pour revenir par l’intérieur des terres. Sur ma route, une silhouette qui ne m’est pas inconnue, m’interpelle. Devais-je considérer ces montagnes qui se dressent désormais devant moi comme des moulins à vent ? Point de Sancho Panza pour me prévenir d’une éventuelle hypoglycémie ou pour me renseigner de la nature de cette nouvelle menace ! Qu’à cela ne tienne, je terminerais ma ballade en Marina Alta malgré une crevaison avec 92 kilomètres au compteur et 1027 mètres de dénivelé positif.
 
Visite de Xalò du 15 novembre 2018
Après une nuit d’orage, le ciel nous annonce visiblement une journée particulière. Que nous réservera-t-elle ? Nous destinerons ce jour à la visite de Xaló (Jàlon en Castillan), petit village typique dont nous vous avions déjà parlé et qui se situe dans la vallée du Pop.
Nous faisons un petit arrêt à Gata de Gorgos avant de pénétrer dans les terres et d’escalader la montagne. En effet, ce village semble présenter quelques charmes d’artisanat traditionnel dont nous ne sommes pas insensibles. Gata de Gorgos est connue pour ses fabriques de guitares, de chapeaux, de sacs à main, de mobilier en rotin et de mosaïques ; tout un programme que nous ne ferons que partiellement.
Après avoir franchi les reliefs, nous redescendons sur Lliber dans la vallée située entre la Sierra de la Solana et la Sierra de Bernia. Nous voici maintenant à Xaló pour une visite des lieux. Comment passer dans ce village sans visiter son « rastro », marché aux puces et d’antiquités spécialisé en mobilier antique. Très connu sur la Costa Blanca, il est situé le long de la rivière Xaló et ravit les amateurs de toutes nationalités. En poursuivant notre visite, un établissement nous interpelle ! Des posters géants de cyclistes d’un autre temps en devanture nous invitent à prendre un café entre deux averses. Nous faisons facilement connaissance des « maîtres des lieux ». Il s’agit d’une famille belge installée depuis 3 ans, se consacrant à l’organisation de séjours de préparation pour les équipes cyclistes. Hébergement, restauration, location de vélos, accompagnement sur routes d’entraînement, soins, tout a été pensé pour offrir aux professionnels comme aux amateurs, le confort nécessaire à un séjour agréable de vélo.
La pluie menace et nous nous réfugions dans la bodega « Cooperativa Virgen Pobre ». Les différents vignobles qui produisent les vins vendus dans cette cave coopérative se trouvent en majorité dans les terres limitrophes de Xaló, Lliber et d’Alcalali. Cette coopérative est reconnue comme étant la première cave de la contrée et nous nous prêtons volontiers à une dégustation (avec modération) de vins, mistelles et vermouth ; les produits « phares » ici étant le Moscatel (Mistela) et le Mistela Vall tinto de Gorgo. Le soleil se couche et nous poursuivons notre visite sous les averses. Nous voilà maintenant devant l'ermitage de Santo Domingo. Cette chapelle a été construite entre 1691 et 1697 et a ouvert ses portes le 2 février 1699. Elle a apparemment été fondée par la fraternité de la Vierge du Rosario, le saint dominicain étant un propagateur enthousiaste de la prière du chapelet. Pendant quelque temps, elle remplit la double fonction de chapelle et d'école et, au cours de son histoire, elle connut des périodes de splendeur et d'abandon, raison pour laquelle elle dut être restaurée à diverses occasions. Elle bénéficie actuellement d'un excellent état de conservation.
Nous arpentons des ruelles étroites et tortueuses, caractéristiques de l’époque arabe pour nous rendre à la boucherie « Galan ». Nous avions découvert les produits de ce cet artisan boucher sur un marché local bien que nous ayons exclu la charcuterie de notre alimentation. Nous avions apprécié sa « Morcillas » boudin aux épices déjà cuit, qui se déguste chaud ou même froid sur un toast. Après quelques achats destinés à faire découvrir à nos enfants la gastronomie locale, nous arrivons sur une petite place ou se dresse l'église de Santa María. Ce qui nous surprend à chaque fois que nous trouvons devant un édifice religieux, c’est l’aspect démesuré ainsi que le parfait entretien des lieux témoignant d’une ferveur religieuse incomparable avec celle de la France de nos jours. De style néoclassique, cette église fut construite au début du XIXe siècle. On y trouve l’image de la patronne de Jalón, la Mare de Déu Pobra. Au retour de notre expédition, nous apprenons avec un immense bonheur que les signes observés ce matin dans le ciel annonçaient un heureux événement. En effet, notre quatrième petit enfant à vu le jour à 21 heures et nous en sommes très fiers. Lola vient d’agrandir notre famille, elle se porte à merveille. Hélène prendra l’avion dimanche pour l’accueillir. Je poursuivrais donc désormais seul cette partie de notre exil jusque janvier 2019.
 
Dénia et son histoire du 23 novembre 2018
Bon, me voilà de retour après une semaine d’interruption pour vous livrer les récits de notre exil en Espagne. Certains nous suivent assidûment et c’est encourageant. Il s’agit avant tout de vous faire part, sans prétentions aucunes, de notre changement de mode de vie basé sur l’alternance d’une vie en France et en Espagne pour notre retraite. Bien entendu, notre passion pour la ville qui nous accueille facilite grandement notre intégration et la réalisation de nos récits. Bref, aujourd’hui je reprends du service et il faut avouer que depuis le retour d’Hélène en France la météo ne m’aide pas dans ma réorganisation. La journée est maussade ; mais il fait tout de même 17 degrés, et il me prend de me pencher sur Dénia et son histoire. Me voici donc parti pour une balade dans l’enceinte de la ville. Il faut dire que Dénia est le fruit d’une grande variété de cultures. Ibères, romains, musulmans et chrétiens ont laissé leur empreinte à travers les monuments, les musées, les restes archéologiques et dans les quartiers. Ses origines remontent au Ve siècle avant Jésus Christ ; c’est l’époque Ibère. Je démarre mon périple en me rendant sur la « Punta de Bénimaquia », ou l’on peut normalement apercevoir des vestiges archéologiques indiquant que vivaient ici Ibères, Phéniciens et Grecs. Après avoir vainement cherché les restes de ces vestiges, je n’aperçois que quelques amas de pierres çà et là. Pas certain d’être au bon endroit, je profite néanmoins du paysage avec, au loin, la mer, le château sur son promontoire et le port. On a récemment identifié une installation destinée à la production de vin, ainsi que la présence d’amphores indigènes qui imitent le type phénicien contemporain et qui étaient probablement destinées à contenir ladite production. Les Ibères battirent des villes, cultivaient les plaines et en ce qui concerne la religion, enterraient leurs morts et priaient des dieux.
Je redescends maintenant sur la ville et me voici sur la place où convergent les rues « La Mar » et « Fora Mur » ou des travaux effectués, en juillet dernier pour l'installation de conteneurs enterrés, ont mis en lumière deux importantes découvertes archéologiques. Il s’agit d'une inscription épigraphique appartenant à un monument funéraire ou l’on peut lire six lignes de texte incomplètes : « À Pompeia Maxima, qui a vécu 36 ans. Nonius Victor à sa chère femme », et la deuxième constatation confirme que dans ce domaine a été construit, au XIe siècle, un grenier à blé et une auberge. Ces découvertes récentes remontent à l’époque romaine ou Dénia se nommait « Dianium ». Là encore, je ne distingue pas la moindre trace de ces vestiges mais je poursuis néanmoins ma progression historique. La grandeur de la ville à cette époque reposait en grande partie sur son emplacement et à l'importance de son port. Elle était devenue un centre de redistribution de produits provenant d’Afrique du Nord et d’Italie. La ville atteint alors son apogée. Au Xème siècle avec l'arrivée des musulmans, Dénia (Daniya) connut une période de grandes richesses avec un essor économique très important qui l'amena à devenir le royaume de Taïfa en battant sa propre monnaie : le dinar d'or. Au début les champs étaient complètement cultivés de figuiers et de vignes. Les musulmans introduisirent l’irrigation à l'aide de moulins, de puits, de réservoirs et des canaux pour la distribution de l'eau. Des nouvelles plantations furent implantées : coton, riz, orangers, abricots, favorisant ainsi l'accès à la population aux richesses provenant du travail de la terre. L'artisanat, soit en cuir ou en bois, vécu aussi un grand développement pendant cette période grâce aux nouvelles connaissances apportées par les nouveaux venus. Le port de Dénia pris une place importante dans l'importation et exportation de raisins secs. Pendant cette période, Daniya figure parmi les 100 villes principales de l'Espagne musulmane. Le château de Dénia, fut construit lors de cette période et était utilisé comme la résidence des rois. Diverses incursions par voie maritime furent effectuées sur les côtes de Gênes, Pise, en Toscane et en Lombardie. Lors de la conquête chrétienne de Dénia en 1224, des privilèges furent octroyés aux habitants chrétiens de Dénia : maisons, terres, moulins et un tout nouveau gouvernement fut instauré.
En 1575, Miguel de Cervantès ; l'auteur de Don Quichotte, fut capturé par les corsaires berbères et emprisonné à Alger. Il tenta plusieurs fois de fuir ses cachots d'Afrique du Nord sans succès. En 1580, les pères trinitaires payèrent sa rançon, soit environ 500 ducats équivalant à 20 000 euros aujourd'hui. La légende veut que, lorsque qu’il rentra au pays des chrétiens, la première chose qu’il a faite fut de s'agenouiller pour embrasser le sol de Dénia. En 1609 le roi Felipe III ordonna que tous les musulmans soient expulsés d'Espagne. C'est depuis le port de Dénia qu'embarquèrent les musulmans du royaume. Au XIXe siècle, Dénia entre dans une période de splendeur économique grâce au commerce du raisin sec. L’exportation vers des villes européennes nécessita la construction de la voie ferrée Dénia - Carcaixent. La production représentait plus de 400 000 quintaux puis, au début du XXe siècle, une infestation par le phylloxéra mit un terme à l’exploitation du raisin. On y développa alors, la production d’agrumes et l’industrie du jouet.
Du 18 juillet 1936 au 1er avril 1939 l’Espagne subit la guerre civile. Ce conflit opposa le camp des républicains composé de loyalistes à l’égard du gouvernement légalement établi lors de la IIe République, et les nationalistes, le camp des rebelles putschistes mené par le général Franco. Cette guerre se termina par la victoire des nationalistes qui établirent une dictature qui dura 36 ans, jusqu’à la transition démocratique qui n’intervint qu’à la suite de la mort de Franco, le 20 novembre 1975. Les bombardements sur les villes et leurs civils fut devenue une tactique militaire dans la guerre civile espagnole. Compte tenu de la supériorité aérienne des nationalistes, pendant une grande partie de la guerre, la plupart de ces bombardements ont eu lieu sur les zones républicaines comme à Dénia. Les autorités républicaines afin de protéger la population ont créé le Conseil Central de la Défense Passive (Junta Central de Defensa Pasiva), dont la principale mission était de protéger la population des bombardements de l’aviation franquiste. Ces institutions, en collaboration avec les conseils locaux, avaient comme responsabilité la construction d’abris ainsi que la publication d’une série de brochures fournissant les informations techniques nécessaires pour les voisins et les associations pour construire leurs propres abris. Dénia, pour son importance commerciale, sera l’un des ports de la Communauté Valencienne qui subira le plus de bombardements. Pendant trois longues années, Dénia va subir des bombardements et autres attaques visant à détruire les industries d’armement, qui précédemment étaient destinées à la fabrication de jouets. Par mer, et pas loin de la digue du port, à partir des porte-avions “Canarias” et “Baléares” vont être effectués 78 bombardements sur la ville, laissant un total de 36 morts. L’attaque la plus meurtrière est survenue le 18 octobre 1938, en tuant 12 personnes et blessant 18 autres. Pendant ce temps, la ville se défendait avec des batteries stationnées dans Les Marines et Les Rotes. Un tunnel de 200 mètres, au-dessous du rocher du château, fut construit entre 1937 et 1938 par l’État Républicain de Dénia, pour que la population puisse se réfugier lors des bombardements de l’aviation nationaliste.
Après la guerre, le tunnel est resté ouvert reliant ainsi deux parties de la ville. Il a deux entrées, une est située dans le centre historique de la ville, et l’autre dans la paroi nord du château. Dans la nuit du 2 novembre 1936, plusieurs personnes ont été lancés depuis la Plana du Montgó, dans un gouffre de 70 mètres de profondeur. Les corps d’au moins 21 victimes ont été retrouvés suite à cette « Nuit du gouffre ». En novembre 1939, 51 personnes, dont un ancien maire de Dénia, le socialiste Salvador Beltrán ont été fusillés contre un des murs du cimetière. Le 18 octobre 2018, jour du 80e anniversaire de la guerre civile, une plaque commémorative a été installé dans la rue « La Via », sur les lieux de la tragédie, pour rendre hommage à toutes les personnes décédées dans les attaques aériennes et maritimes de la guerre civile.
 
Visite du « Cap San Antonio » du 24 novembre 2018
Aujourd’hui, je souhaitais me rendre au « Cap San Antonio ». Lors de notre visite à la « Tour Guerro », j’avais relevé que l’un des nombreux sentiers de randonnées pédestres à cet endroit, permettez d’accéder à ce cap situé entre le « Montgó » et la mer.
J’étais sur le départ quand une nouvelle plus qu’inattendue me parvint. L’appartement, que nous avions loué avec un contrat en bonne et due forme, doit être récupéré par sa propriétaire. Chose étrange à laquelle nous devrons désormais faire face. Heureusement, il existe ici de très nombreuses locations même si la période d’octobre à mai n’est pas la plus courante. Le temps de me remettre de la nouvelle, et me voici parti pour ma destination, en voiture cette foi compte tenu du retard engendré. Je me dirige alors vers Xabia et avant d’y parvenir, bifurque dans sur la gauche pour accéder au cap.
Me voici donc sur un promontoire juché à 150 mètres au-dessus de la mer. Le trait d’union entre le majestueux Montgó et le Cap San Antonio, représente une zone de 110 hectares déclarée réserve naturelle le 9 novembre 1993. Dans cette zone, qui sépare les villes de Dénia et de Xabia, la flore est riche et variée et plus de 600 espèces s’y développent. Pendant la sécheresse de l’été, vont pousser en abondance les plantes à petites feuilles ou épines, qui leur permettent d’éviter des pertes d’eau importantes. La période des pluies, surtout en automne, apportera l’irrigation nécessaire pour le reste de la flore. Son versant nord est extraordinairement abrupt, par contre, son versant sud est beaucoup plus doux. La zone marine est interdite aux bateaux à moteur. Faire des randonnées dans cet espace ou la flore et la faune se développent en toute sécurité et tranquillité, nécessite quelques précautions et plusieurs interdictions comme : faire du feu, arracher des plantes, jeter des déchets, abandonner le sentier balisé, camper, déranger les animaux.
Au milieu du XIIIe siècle, peu de temps après que les chrétiens aient conquis ces terres, le Cap San Antonio s’est converti en lieu choisi par les ermites pour vivre une vie dédiée au recueillement et à la prière, prenant pour exemple la vie de Saint-Antoine. En honneur à ce saint, fut érigé durant le XIVe siècle un ermitage qui a finalement donné le nom à cet endroit. Pendant le XVIe siècle et grâce à la nécessité de protéger le littoral des incursions des pirates, une tour de vigilance fut construite, pour ensuite être démolie en 1894, laissant place à l’actuel phare. La pointe offre un certain nombre de sentiers de randonnée balisés que je n’utiliserais pas aujourd’hui. Je rebrousse chemin pour accéder à la seconde curiosité de ce cap.
À mi-parcours de la route, voici l'indicateur « Els Molins » mais se trouve également à cet endroit le sanctuaire "Notre-Dame des Anges". Il est géré par une communauté religieuse. Il compte une trentaine de chambres et un réfectoire de 60 places pour qui veut goûter à une retraite spirituelle dans le calme et la paix de cette pinède isolée. Dans le passé, désireux de se retirer loin du tumulte du monde pour se consacrer à la prière et au recueillement, des moines obtinrent du pape Grégoire XI (1370-1378) de fonder dans le royaume de Valence, un monastère suivant les rites de St Jérôme. Dans ce lieu sublimé par l'isolement et la grandeur sauvage de la nature, ces moines édifièrent en 1374, un monastère sur des terres offertes par D. Alonso de Aragon, duc de Gandia. Malheureusement, en 1388, le monastère fut pillé et incendié par des pirates dont les incursions étaient fréquentes à l'époque. Ce n'est que 3 siècles plus tard, que des chasseurs dont c'était le lieu de prédilection, trouvèrent parmi les débris et les herbes folles une toile peinte dédiée à Notre Dame des Anges. C'est cette toile qui trône au-dessus de l'autel aujourd’hui.
Je prends maintenant la direction de « Els Molins » par un sentier carrossable et arrive au point de vue où se détachent des moulins. Du XIVe au XVIIIe siècle, 10 moulins ont été construits pour moudre le blé et d’autres céréales, en tirant parti du « llebeig », ce vent qui souffle toujours sur le Cap San Antonio. Leur structure cylindrique de 7 mètres de hauteur sur 6 de diamètre, se composait d’un rez-de-chaussée servant d'entrepôt, et d’un premier étage comportant le mécanisme. Leurs grandes ailes de bois et de toile faisaient tourner des meules de pierre pour moudre le grain. Ces moulins ont été utilisés jusqu'au 19ème siècle et sont actuellement en cours de rénovation. Ils semblent former une garde de sentinelles dépourvues de leur arme, ce qui n’aurait sans doute pas été du gout de Don Quijote de la Mancha !
Avant de redescendre sur Dénia, je me laisse séduire par un chemin indiquant « la route des miradors ». Il s’agit en fait, du sentier menant du port de Xabia au cap San Antonio. Le soleil se couche sur la baie de Xabia et je ne me lasse pas de contempler les changements de couleurs m’offrant une multitude de tableaux tous différents dans un silence total.
 
La fête des rois mages du 14 janvier 2019
Comme nous l’avions annoncé lors de notre présentation des bons vœux, l’année 2019 risquera d’être une année renversante !
Après avoir passé les fêtes auprès de nos proches, nous retrouvons l’Espagne le 2 janvier 2019, impatients de prendre possession de notre nouvelle location. [notre location maison]. A cette époque de l’année, le soleil brille toujours et encore. Néanmoins, les nuits sont fraiches, très fraiches même et l’habitation dans laquelle nous nous installons est humide.
Il faut dire qu’ici rien n’est prévu comme en Lorraine pour affronter le froid. Il fait une quinzaine de degrés dans ce pavillon de 80 m2 et les moyens de chauffage sont restreints. Bref, au bout de 2 jours me voilà couché pour la journée avec les symptômes d’un état grippal. A peine remis, c’est au tour d’Hélène de passer une journée sous les couettes. Le moins que l’on puisse dire c’est que le démarrage de notre seconde partie d’exil est plus que laborieux !
Nous assisterons néanmoins à l’un des événements phare de la ville : « Los Reyes Magos ». Le 5 janvier Dénia fête les rois mages. On dit ici que Melchior, Gaspard et Balthazar sont arrivés sur le port de la ville en provenance d’Orient. Un long cortège sillonne les rues de la ville en tête duquel un facteur royal ramasse les lettres des enfants avec leurs souhaits de cadeaux. Depuis leurs carrosses, les rois distribuent de bonbons. Cette tradition est importante pour les espagnols et est très attendue par les enfants. Pour une petite minorité de foyers, c’est le Père Noël qui amené les cadeaux aux enfants le 24 décembre, mais pour la grande majorité, ce sont les Rois Mages qui les apportent. En principe, les enfants qui se sont bien comportés reçoivent des cadeaux et les enfants qui se sont mal comportés reçoivent du « carbón de Reyes » qui sont des petits sachets de sucreries de couleur noire. Voici une brève présentation de ces Rois Mages. Melchior, qui apporte de l’or, est souvent représenté comme un homme blanc âgé, aux cheveux blancs et à la barbe longue. Il représenterait l’Europe. Il a parcouru entre 2000km et 3000km pour atteindre Bethléem. Gaspard, est le plus jeune des Rois Mages. Il est représenté en ayant le teint hâlé, imberbe ou avec une barbe noire. Il serait le messager venant d’Asie car il est originaire de l’Inde. Il a voyagé pendant 3000km à 3500km avant d’approcher l’enfant. Enfin, Balthazar le Roi Mage dont la peau est de couleur noire, vient d’Afrique et amène avec lui la myrrhe. Il aurait parcouru de 3000km à 4000km pour atteindre son but. Pendant longtemps, notamment chez les Chrétiens d’Orient, le jour de l’Épiphanie a été une date plus importante que le jour de Noël car on y célébrait la présentation de l’Enfant Dieu au monde des hommes.
La ferveur de la population pour cet événement festif nous apporte un peu de chaleur. De plus, les clichés pris en Lorraine avant notre retour en Espagne supportent mal la comparaison avec les vues de notre quotidien ici et conforte notre choix de vie. Du côté des activités, Hélène a repris le VTT et les cours de Flamenco et pour ma part, j’ai effectué deux sorties vélo qui m’ont permis de croiser des équipes cyclistes en préparation telles que Deceuninck-Quick Step, Caja Rural-Seguros et Dimension Data. Malheureusement une descente de col sur route très humide m’a fait goûter au bitume espagnol. Les prévisions pour une année renversante se confirment !
 
Visite du marché artisanal de Jesús Pobre du 13 Janvier 2019
Nous décidons de faire un tour sur le marché artisanal de Jesús Pobre situé à 9 kilomètres de Dénia. Ce lieu incontournable d’abord par l’architecture de son « Riurau », construction rurale caractéristique de la Marina Alta dont la fonction était relative à la production du raisin sec, principalement  pour la protéger de l’inclémence du temps.
Le commerce du raisin était d’une très grande importance pour les terres d’Alicante pendant la seconde moitié du 19ème siècle jusqu’au début du 20ème siècle. Le raisin sec amenait à la construction de propriétés rurales dans la Marina Alta, dont la fonction était de permettre le séchage des raisins disposés sur les tapis de jonc en hauteur, profitant des vents chauds dominants. La rosée les protégeait la nuit jusqu’à leur séchage complet. Le Riurau a été construit entre 1848 et 1873 en prenant plusieurs noms dont « le Grand Riurau », adjectif superlatif dû à sa structure comprenant deux proues de navires et dix arcs elliptiques avec de la maçonnerie utilisée comme élément de liaison. D’autres matériaux ont été utilisés pour la construction des piliers comme la pierre et les tuiles en terre cuite pour couvrir la sous-face des arcs. Avec la crise du phylloxéra et la compétitivité des raisins de Corynthe, l’utilisation de la vigne a subi un changement radical. En effet, elle fut alors utilisée pour la réalisation du raisin de table ou pour faire du vin. Pour cette raison, le « Riurau » cessa d’avoir son utilité et fut abandonné progressivement. Devant cette situation de détérioration, jusqu’en 2009, un groupe de voisins de Jésus Pobre, qui formaient alors l’association « Riuraus Vius », a commencé à se démener pour sauver et restaurer le Grand Riurau. C’est ainsi que le 7 Juillet 2013, un marché de produits locaux et d’artisanat, vit le jour. Ce marché a lieu depuis tous les dimanches et est un lieu de rencontre pour partager des moments conviviaux, apprendre des agriculteurs, des boulangers, des artisans et créatifs montrant leur produit sans intermédiaires.
Un lieu où la ruralité moderne vit fièrement, impliquant toutes ces expressions qui respectent les valeurs du patrimoine rural et environnemental. On y trouve des fruits, des légumes, des sucreries au miel, des gâteaux élaborés avec amour et tradition, du vin de la zone, de la cuisine d’origine mauresque, des tomates qui ont du goût, des petits stands d’artisanat populaire ainsi qu’une restauration sur place dans une atmosphère sympathique sur fond de musique. Nous opterons pour des amandes décortiquées et des raisins secs de production locale, des légumes BIO, du fromage de brebis, du pain de seigle et du chocolat aux amandes produits dans la région de Valence. Avant de repartir, nous nous sommes assis au soleil pour « siroter » un verre de « Mistela »
 
Une journée ordinaire - le 19 Janvier 2019
Nous avions déjà relaté, dans nos publications précédentes, que la végétation dans la région de Dénia était très luxuriante grâce notamment à la présence du soleil mais surtout grâce à une humidité quasi permanente due en particulier à la présence du Montgó. Il faut avouer qu’en ce début d’année 2019 cette humidité ne nous a pas vraiment comblée de bonheur. En effet, la maison que nous avons investi n’ayant pas été habitée depuis plusieurs mois fut très difficile à tempérer. Cela nous a valu deux bonnes semaines d’état grippal. Puis, lors de ma seconde sortie vélo de l’année dans l’arrière pays, je me suis fait surprendre dans un virage rendu humide car abrité du soleil. Cela m’a valu une chute sans gravité. Un jour après cet épisode malheureux révélant quelques égratignures superficielles, j’ai été pris de vertiges. Je me suis donc rendu chez un médecin local pour élucider le problème mais également pour me rendre compte de la pratique médicale dans le pays. Après plus d’une heure de consultation chez ce généraliste parlant le français, j’ai été rassuré quand au diagnostique mais également sur le sérieux de ce praticien. Il m’en aura coûté 50€ qui me seront remboursés à hauteur de 50%. J’aurais pu également, comme on me l’a conseillé, me rendre dans l’un des nombreux établissements hospitaliers de Dénia, ou la prise en charge, avec la carte européenne d’assuré social, aurait été intégrale.
Après cet épisode, j’entreprend la reprise des sorties vélo sur les routes de la Marina Alta. L’une de mes premières rencontres fut celle de l’équipe cycliste professionnelle « CCC ». Malheureusement, je n’ai pu échanger que très peu avec ces coureurs en préparation. La barrière de la langue mais également et plus objectivement quelques difficultés à rester au contact ne m’ont pas permis d’en savoir plus sur cette équipe. Après cette sortie, Hélène et moi terminerons notre journée sur la jetée sud du port de plaisance pour admirer les paysages qui s’offrent à nous. Point de bateaux de pêche aujourd’hui mais l’impressionnant ferry en provenance des îles Baléares.
 
Bénédiction des animaux du 20 Janvier 2019
En ce dimanche 20 janvier, la météo est pluvieuse sur Dénia ; la température avoisine les 10 ° et le vent souffle dans la rue « Marquès de Campo ». Cela n’empêche pas les habitants de se presser pour assister à une manifestation insolite : la bénédiction des animaux. Cette fête est patronnée par « Sant Antoni del Porquet » qui était un moine égyptien du IIIe siècle après J-C. Après sa mort, Saint Augustin l’a proposé comme mo dèle de vertus, mais sa fête a été introduite seulement au Xe siècle. Sant Antoni est toujours représenté en ayant à ses côtés un porcelet (porquet en valencien). Pour les uns, cet animal représente la tentation du démon et pour d’autres, les animaux qu’il a apprivoisés, c’est pour cela qu’il est le patron des animaux et du bétail.
Au moyen âge les moines Antonins avaient introduit la coutume de se promener dans la rue avec des porcs attachés à une laisse et avec un petit grêlon pour que les gens les alimentent. Leur viande se destinait aux hôpitaux ou se vendait pour recueillir de l’argent pour l’ordre. « Sant Antoni del Porquet », est donc devenu le patron des animaux, en garantissant leur protection et fertilité. La grande diversité d’animaux que vont recevoir la bénédiction, forment dans les rues de Dénia un cortège digne de l’arche de Noé.
 
V’là l’Printemps ! du 25 Janvier 2019
 
Comme très souvent depuis notre arrivée à Dénia le 2 janvier dernier, nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse de notre location. Si jusqu’à présent le soleil était presque toujours au rendez-vous, ce matin un élément nouveau fait son apparition : la chaleur. En effet, même si le soleil nous gratifiait de ses rayons, il nous manquait cependant quelques degrés pour satisfaire nos exigences. Les 19° de ce matin laissent augurer d’une belle journée et nous décidons d’enfourcher nos vélos pour sillonner les environs. Première confirmation quelques kilomètres après notre départ ; les amandiers commencent à fleurirent et c’est bon signe. Serait-ce le printemps ?
Nous voici, après 4 kilomètres, dans la petite localité de « La Xara » et admirons au passage, son caroubier gigantesque. Cet arbre a un tronc court, fendu au centre, divisé en deux bras principaux, avec une croissance quasi horizontale. Sa hauteur est de 8,5 m et il serait âgé de 300 à 400 ans. Il a poussé entre les cultures non irriguées à proximité de la localité.
En poursuivant notre route dans ce petit village dont la population se consacrait autrefois presque exclusivement au travail de la pierre, nous traversons le parc J. B. Basset, exemple de jardin autochtone, puis nous arrivons à l'ancien lavoir public situé entre des maisons à l'aspect rustique, sans voitures dans les rues. Juste devant ce lavoir, nous photographions un arbre magnifique remplis de ces petits agrumes nommés « kumquats » avant de poursuivre notre route.
A la sortie de « La Xara », au niveau de l’hôpital de Dénia qui est l’hôpital de référence dans la Marina Alta, nous pénétrons dans les plantations d’orangers ou nous découvrons également un superbe olivier avant de rejoindre la « via verde ». Cette voie verte de 6 kilomètres 500, rejoint « El Vergel » à Dénia et était jadis une voie de chemin de fer. Son tracé faisait partie de la ligne Dénia-Carcaixent. Il est flanqué des silhouettes de deux montagnes emblématiques de la Marina Alta; le parc naturel du Montgó et la Sierra Segaria.
Il est également traversé par la rivière Alberca et abrite des plantes et des oiseaux caractéristiques des écosystèmes riverains. Cette ligne fut construite en 1884 et fonctionnait grâce à des locomotives à vapeur. Il s’agissait surtout d’un train à vocation agricole. Ce tronçon fut fermé en 1974. Après plusieurs années d’abandon, il fut réhabilité dans le cadre du programme « Caminos Naturales » (chemins naturels). Nous rejoignons donc Dénia sur cette voie verte et faisons une dernière halte sur le port de plaisance de notre ville d’accueil ou la température atteint 21°.

 
La mi-année de la fête des Maures et des Chrétiens du 23 février 2019
 
Le point sur notre exil du 01 mars 2019
Notre appartement : nous avons appris à nos dépends, que les locations hors saison étaient le point essentiel pour un exil réussi. En effet, les mois pour lesquels nous avons opté de vivre à Dénia, c’est-à-dire d’octobre à mai, affichent durant décembre, janvier et février des températures pouvant descendre jusqu’à 3 ou 4° la nuit. Vous me direz que, comparativement à la Lorraine il n’y a pas de quoi se plaindre. Néanmoins, suivant le type de location que vous prenez cela peut devenir un problème. En effet, une grande partie des locations que l’on vous propose ici sont destinées aux mois les plus chauds et ne comportent pas d’isolation ni de moyen de chauffage adapté. Les températures fraîches des nuits et l’humidité importante et quasi permanente qui règnent ici nécessitent un minimum d’aménagements pour y vivre l’hiver. L’une des habitations que nous avons occupée n’a pas été à la hauteur de nos espérances. Les températures intérieures ont oscillé entre 15 et 17°. Les chauffages d’appoint n’ont pas suffi à réchauffer cette habitation ce qui a engendré un certain mal-être. De plus, la rupture de contrat que nous avons subi sous prétexte d’un différend familial de la propriétaire, était selon nous abusif. Nous avons appris il y a quelques jours, qu’une licence émanant de la communauté autonome de Valencia appelée « Vivienda de uso turístico » (Licence de Location de Vacances) était nécessaire pour le loueur et garantissait la qualité des locations saisonnières espagnoles. Nous serons donc vigilant à l’avenir et exigerons cette licence avant de signer un nouveau contrat.
La météo : un soleil présent 9 jours sur 10 ainsi que des températures comprises entre 18 et 22° au soleil en journée nous ont permis de petit déjeuner et déjeuner sur la terrasse depuis début janvier. Seuls les nombreux vents présents dans la région sont venus perturber quelque peu certaines journées mais il est vrai qu’à partir de mars la douceur de vivre que nous avions appréciée lors de nos prospections, change grandement la donne. La fraîcheur relative constatée durant décembre, janvier et février et l’humidité importante due à la proximité de la mer et du Mongtó, rendent parfois notre vie de retraités – exilés temporaires, plus compliquée.
Nos activités : nous avons mis entre parenthèse nos sorties découverte dans les environs de Dénia, mais notre liste des lieux à visiter est encore conséquente avec notamment la ville de Calpe, la palmeraie d'Elche et l’ile de Formentera. Nous n’avons pas encore mis en pratique les randonnées pédestres même si les possibilités sont très nombreuses ici. Le Montgó qui nous fait face, nous défie pourtant tous les jours mais nous impressionne encore un peu ! Nos sorties cyclistes restent notre principale activité et ont l’avantage de pouvoir se pratiquer toute l’année. Nos connaissances des routes, voies vertes et autres chemins à travers les orangers, nous encouragent à enfourcher nos montures 2 à 3 fois par semaine. De plus, ma rencontre avec un groupe de cyclistes francophones m’a permis d’explorer des endroits cachés. Quelques bains de soleil ont été possible certaines après-midis.
La ville : Dénia est à la hauteur de sa réputation de ville la plus festive d’Espagne et nous a offert depuis le début de l’année la fête des rois mages, la bénédiction des animaux, la mi-année de la fête des Maures et des Chrétiens, la route des Tapas et tout dernièrement le concours international de cuisine créative aux crevettes rouges qui est le produit phare de la ville. Le restaurant local « Samaruc » a obtenu la 3ème place de ce concours qui rassemblait huit finalistes. L’établissement « Miranda de Ebro » de la province de Burgos, remporte ce concours avec sa recette de la « crevette rouge au citron ». Les 17,18 et 19 mars prochains débuteront « Les Fallas », l’une des plus importantes manifestations de l’année.
Notre intégration : nous n’avons pas poursuivi notre étude de la langue mais échangeons volontiers avec les espagnols. Quelques rappels dans nos livres d’apprentissage sont nécessaires pour maintenir notre niveau de débutant mais suffisent au bon déroulement de notre exil. Hélène poursuit ses cours de flamenco (sevillana) et fait maintenant partie du groupe de l’association « Casa Andalucia » de Dénia. Nous avons nos connaissances sur le marché parmi les vendeurs locaux.
Notre bilan : les mois d’octobre et de novembre, qui marquèrent notre début d’exil espagnol, furent incontestablement très encourageants. Nous avons éprouvé beaucoup de plaisir à nous intégrer sur cette terre d’accueil et à passer du statut de touriste à celui de résident temporaire. Décembre, janvier et février furent indéniablement plus difficile à vivre en majeur partie à cause d’un lieu d’habitation pas adapté à une location hivernale. Dans ces conditions, tout ce qui nous avait paru agréable semblait plus lointain et l’attente de chaleur nous a paru très long. On peut ainsi estimer que les températures de 10° la nuit et de 18° la journée qui sévissent depuis début mars, nous ont redonné cette sensation de douceur de vivre dont nous étions devenus friands. De ce fait, les 3 derniers mois qui nous attendent vont, sans aucun doute, nous apporter tout ce dont nous souhaitions pour notre retraite ; soleil, chaleur douceur de vivre et le sourire des espagnols. Il est à noter cependant, que 3 retours en Lorraine auront été nécessaires au terme de ce séjour prolongé.
 
Ballade à L’ermitage du « Pare Pere » du 06 mars 2019
Comme déjà évoqué lors de notre premier récit du 1 er octobre 2018, l’histoire du « Pare Pere » nous interpelle. Ce religieux nommé «Pedro Esteve » fit l'objet d'une grande dévotion par les habitants de Dénia et consacra beaucoup de temps à la prière et à la méditation dans une grotte située dans le Montgó. En parcourant la rue Loreto à la recherche d’un restaurant, nous découvrons une plaque commémorative attestant de la naissance de Frère Pedro Esteve à Dénia le 19 Octobre 1582. Cette découverte éveil à nouveau notre curiosité et nous profitons de la visite de ma cousine, venue passer quelques jours en notre compagnie, pour réaliser un pèlerinage. Nous partons donc sur les traces du religieux et au terme d’une courte marche nous voici à l’ermitage du « Pare Pere ».
Nous partons, dès le lendemain, sur les traces du religieux. Une marche d’un kilomètre à peine nous mène à l’ermitage du « Pare Pere ». A l’époque de la Conquête chrétienne, pendant les XIVe et XVe siècle, des ermitages s’érigèrent autour des villes chrétiennes. Ces ermitages étaient en général dans les orées des bois ou en plein milieu rural. Le style de construction était le même pour tous les édifices avec une seule nef couverte d’une charpente en bois et une toiture à double versant.
Pedro Alfonso Esteve appartenait au diocèse de Valence. Il rejoint, à l’âge de 18 ans, l’ordre franciscain dans le couvent Santa Maria de Jésus de Valencia. Il pratiquait la mendicité et allait pieds nus prêchant dans de nombreuses villes et villages d’Espagne en faveur des lieux saints. En 1633 les habitants de Dénia contractèrent le choléra et le Pare Pere organisa une procession. Après avoir bénit des pains, il les donna à manger aux malades qui selon les traditions furent guéris. Le Pare Pere est l’un des religieux le plus connu dans l’histoire de Dénia et des villages environnants. Même aujourd’hui il est l’axe principal de la religiosité des habitants de Dénia.
C’est aux pieds du Montgó, dans une maisonnette en pierre que le Pare Pere priait et méditait. Cette maisonnette est un antre voûté construit en pierre, si petit qu'il est difficile d'y pénétrer. La construction de l'ermitage prit fin au XXe siècle. Il abrite en son sein des scènes de la vie et de l'œuvre du Frère Pedro Esteve en céramique. Cet endroit continue à être aujourd’hui un lieu où les dévotes vont demander au Pare Pere de les aider.
Frère Pedro Esteve est décédé le 3 novembre 1658 au couvent royal de Valence. Le 20 Novembre, 1839 son corps a été retrouvé intacte et, à la demande de la ville de Dénia, a été transféré par mer à sa ville natale. Aujourd'hui, le sanctuaire est gardé par Enrique Oltra Perales franciscain, vice-postulateur de la cause de béatification du Pare Pere et des offices religieux se déroulent les weekends. Ce pèlerinage nous a, nous aussi conduit à la méditation …
 
Du Flamenco à Dénia le 04 mai 2019
Le 04 mai 2019 s’est tenu à Dénia un festival de danse en espaces urbains qui nous a permis de découvrir, enfin, un spectacle de flamenco. Ainsi, au marché municipal nous avons suivi « Asunción Martos » et son spectacle « Humana ».
Le flamenco à Dénia : Une importante communauté andalouse réside à Dénia et participe activement à tous les événements culturels et traditionnels. De ce fait, la Casa de Andalucía, située près du Jardin de Torrecremada, compte de nombreux membres et organise les fêtes andalouses comme la connue procession à leur patronne, la Virgen del Rocío. En plus d’être un lieu de rencontre, la Casa de Andalucía donne aussi de cours de flamenco, de sevillanas et de rumbas.
L’histoire du flamenco : le flamenco est une expression artistique populaire de grande tradition, qui figure sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Cet art associe musique vocale, danse et accompagnement musical. Il est né au milieu du XVIIIe siècle en Andalousie. Il est le fruit d’éléments multiculturels provenant de bases traditionnelles andalouses et d’influences gitanes, arabes, juives et chrétiennes. Des influences africaines ont aussi été incorporées par le passage des noirs africains qui passaient pour l’Andalousie et par les caribéens qui arrivaient en Espagne. Il possède plusieurs styles ; la « toná », la « soleá », la « seguiriya », le fandango, les « sevillanas » en fonction de son caractère, de son origine. De son côté, la danse est associée à une technique complexe et son interprétation varie en fonction de celui qui la pratique. L’Âge d’Or du Flamenco se situe entre 1860 et 1910. Lors de cette période fleurissent les cafés – concert qui développent le flamenco sous toutes ses formes, instrumental, chant et danse. Entre 1910 et 1955, le Flamenco s’est déplacé aux théâtres et aux scènes de grand format, comme les places de taureaux et les enceintes de grande capacité. Avec l’arrivée des années soixante, l’essor économique et la croissance du tourisme ont contribué à la prolifération des cafés – concert. La danse est la base du spectacle et le public qui prédomine est étranger, ce qui eut un rôle fondamental dans l’internationalisation du flamenco. Un autre élément de diffusion a été le disque. Aussi les théâtres se sont convertis en promoteurs importants du flamenco à partir des années 70 et les spectacles théâtraux ont commencé à parcourir les scènes d’Espagne et du monde entier. Le vêtement de Flamenca, élément le plus caractéristique et voyant du flamenco, est en constante évolution. Une mode auto générée et réinventée lors de chaque saison permet ainsi au vêtement de conjuguer tradition et innovation. À partir des années quatre-vingt-dix, après une décennie de vêtements chargés de dentelles et de rubans, le vêtement de la flamenca, dans une parade de simplicité, enleva les ornements, l’amidon et les hanches cachées, en subissant une métamorphose dont il est sorti vaporeux, léger et sensuel. (source: DéniaActu.Com)
 
Les Fallas des 16,17,18 et 19 mars 2019
 
Météo et végétation du 10 mai 2019
Après avoir honoré un contrat de réalisation vidéo en Lorraine du 1er au 20 avril dernier, nous retrouvons l’Espagne pour un repos bien mérité. A notre arrivée à Dénia, nous apprenons que nous avons échappé à un épisode climatique dantesque. En effet, plusieurs fois évoqué dans nos récits, la météo, dans cette ville blottie entre le littoral et la montagne et donc soumise à de nombreux vents, peut devenir très capricieuse.
Ainsi, le 21 avril 2019, 244 litres d’eau par mètres carrés se sont abattus sur la ville en quelques heures. Ce phénomène climatique nommé « Gota Fría » n’avait pas atteint une telle ampleur depuis avril 1946. A notre arrivée, le soleil avait repris sa place dans le ciel de Dénia pour ne plus la quitter jusqu’à ce jour. Les températures oscillent désormais entre 20 et 28 degrés et un vent de force variable agrémente nos journées. Bref, une météo parfaite pour profiter pleinement de notre maison de location et si les mois de janvier et de février avaient été rudes côté température intérieure (13°), nous goutons enfin au plaisir de prendre nos repas en extérieur.
Vous l’aurez compris, pluie, humidité et soleil permettent un développement de la végétation assez remarquable et nous nous émerveillons encore devant les tableaux de couleurs que nous offre la nature.
Dans le cadre des initiatives très intéressantes de la ville, nous saluons celle-ci émanant des ministères de l'Environnement, de l'Agriculture et du Changement climatique en partenariat avec l'Office de l'innovation et de la créativité. En effet, un programme d'écotourisme à caractère local, appelé "Découvrez le paysage" permet de visiter gratuitement ; transport compris, 10 producteurs d’agro-alimentaires de la région dont 70% pratiquent exclusivement l'agriculture biologique.
Avec les beaux jours et la période estivale qui approche, les traversées en ferry s’intensifient et atteindront prochainement jusqu'à 12 traversées par jour pour rejoindre Ibiza, Formentera et Majorque. Enfin, les activités de la ville se font toujours avec passion et ferveur et nous y participons volontiers.
 
La fête de la Vierge des Désemparés du Dimanche 12 mai 2019
En cette agréable fin d’après-midi, nous avons choisi de rejoindre le port à partir de la plage des « Marines » au cours d’une petite ballade pédestre. Arrivés sur le port, quelques bateaux de pécheurs décorés sont amarrés juste à côté de l’ancien marché de pèche.
Nous consultons alors les sites Internet de la ville pour en savoir plus et découvrons qu’une fête se prépare ; « la Virgen de los Desamparados » ou « la Vierge des Désemparés », patronne des pêcheurs de Dénia. La statue de cette Vierge date de 1942 et elle est vénérée dans l’église de Saint Antoni située place du Couvent. Le programme des manifestations est réalisé par la Commission des fêtes de la Mare de Deu et l’Association des pêcheurs et débute le matin par une messe. Le point d’orgue de cette manifestation est sans nul doute la procession au cours de laquelle des milliers de personnes se rassemblent dans les rues de Dénia pour suivre le parcours de la Vierge portée sur un bateau décoré des fleurs à travers les rues du quartier des pêcheurs et du port de la ville.
Nous suivons cette procession à partir de la place du couvent en nous mêlant à la population. On retrouve en début de cortège un porteur de bannière puis les enfants ayant réalisés leur communion dans l’année. Puis se sont les dames dévotes habillées élégamment de noir avec des mantilles et des peignes sur leurs têtes. Suivent ensuite les ecclésiastiques, les autorités de la ville de Dénia et enfin de cortège, le groupe musical de Dénia. Sur le trajet de la procession, les balcons sont décorés et les habitants lancent des pétales de fleurs au passage de leur patronne. A l’approche du port, les sirènes des nombreux bateaux saluent l’arrivée de la Virgen de los Desamparados.
Après avoir longé le port en arrivant devant la rue Marqués de Campo, la procession s’arrête pour écouter l'hymne en l'honneur de la Vierge ainsi que des compositions poétiques populaires datant du moyen âge. Le but de ces chants religieux est de remercier la Vierge pour la protection qu’elle a assuré durant l’année écoulée. Ces chants seront ponctués par des lancés de confettis. Lorsque le cortège arrive à nouveau sur la place du couvent, les porteurs retournent la Vierge afin qu’elle se retrouve face à la ville. Cette ballade terminée tardivement, nous aura permis d’assister à l’une des très nombreuses manifestations organisées par la ville de Dénia révélant la ferveur de ses habitants.
Informations relevées sur : Dénia.Com & Dénia Actu.Com
 
La visite d'Alicante du lundi 20 et mardi 21 mai 2019
Lundi 20 et mardi 21 mai 2019: quelques jours encore pour profiter de Dénia et de sa région. Nous avons choisi de nous rendre à Alicante, une charmante petite ville située à 95 kilomètres où nous attend Roberto, un ami qui a accepté d’être notre guide durant 2 jours. Alicante, située le long de la Costa Blanca, est la seconde ville la plus importante de la Communauté valencienne au sud-est de l'Espagne et compte 330 000 habitants contre 41 000 pour Dénia.
La ville se trouve dans une plaine délimitée par une série de collines et de hauteurs. Le mont Benacantil, avec 169 mètres d'altitude, coiffé par le château de Santa Barbara perché sur un rocher nommé la « Tête du Maure », de par sa silhouette vue du côté mer, domine la ville et constitue l'image la plus caractéristique d'Alicante. Nous y accéderons par un ascenseur mais il est également possible de le visiter en escaladant un chemin tortueux.
Après la visite de cet admirable château, nous ferons une promenade du côté de l'Explanada de España, lieu de détente par excellence des habitants d'Alicante. Cette esplanade, située le long du port, est très animée. Elle est bordée de nombreuses terrasses de restaurants et de bars et débouche sur la plage urbaine d'El Postiguet, l'endroit idéal pour profiter de la mer et du soleil.
Nous terminerons notre visite par la vieille ville, située au pied de la forteresse et qui renferme une intéressante architecture civile et religieuse. Une des constructions les plus frappantes parmi le dédale des rues étroites est l'église gothique de Santa María (XVIe siècle), bâtie sur une ancienne mosquée arabe. Juste en face, se dresse le « Museo Casa » de la Asegurada (XVIIe siècle), qui possède une importante collection d'œuvres contemporaines d'artistes aussi célèbres que Joan Miró, Pablo Picasso ou Eduardo Chillida.
Un autre centre d'intérêt de la vieille ville est la plaza del Ayuntamiento, où nous pouvons admirer la façade baroque de la Casa Consistorial (mairie). Alicante est l'une des villes d'Espagne qui a connu la croissance la plus rapide. Son économie est fondée sur le secteur des services avec le tourisme, les activités administratives et commerciales. Elle exporte du vin, de l'huile d'olive et des fruits et possède des industries d'agro-alimentaire, de cuir, de textile et de poterie. La ville dispose d'un port de commerce et de plaisance, et d'un aéroport international. Elle est le siège de l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO), agence de l'Union européenne chargée de gérer les systèmes d’enregistrement des marques et des dessins ou modèles valables dans les États membres.
Alicante et son histoire :
En -201, La ville fut prise par les Romains qui la nommèrent Lucentum. A cette époque, Hannibal y aurait débarqué ses célèbres éléphants de guerre.
Entre 718 et le 4 décembre 1248, la ville appartint aux Arabes et prend le nom de « AL-Laqant »
En 1243, le roi musulman de Murcie Muhammad ben Hud signa le Pacte d’Alcaraz qui rendait la ville sous le protectorat castillan. Néanmoins, le gouverneur musulman d’Alicante n’accepta pas ce pacte et refusa de se soumettre à la souveraineté castillane.
La ville fut finalement prise militairement par les chrétiens en 1248.
En 1304, après une guerre, Alicante est incorporée dans la Couronne Catalano-Aragonaise.
La ville fut assiégée par les Britanniques en 1707 puis par les Français en 1709 durant la Guerre de Succession d'Espagne et en 1812 durant la guerre d'Espagne. Enfin, elle fut assiégée par les fédéralistes de Carthagène en 1873.
Pendant la Guerre civile espagnole, la ville resta du côté républicain et fut bombardée par les aviations italienne et allemande. L'attaque la plus importante fut le bombardement du Marché Central, le 25 mai 1938, qui causa la mort de plus de 300 personnes.
À l'issue de la guerre d'Algérie, la ville reçut un nombre considérable de Pieds-Noirs, la plupart descendants d'anciens habitants de la province qui avaient émigré en Algérie au début du XIXe siècle.
Depuis les années 1960 la ville s'est profondément transformée et sa population a beaucoup augmenté.
 
Un récit quelque peu « bateau » ! du 15 Octobre 2019

Avec plus de 2000 ans d'histoire, le port de Dénia occupe une grande importance en raison de son emplacement stratégique et de sa proximité avec les îles Baléares. N’oublions pas que le célèbre écrivain, Miguel de Cervantes, auteur de Don Quichotte de la Manche, y débarqua après sa captivité à Alger.
Ce port est également reconnu pour la qualité et la variété des poissons de ses côtes. Tous les jours de la semaine à partir de 17 heures, on peut admirer l’arrivée des pêcheurs au marché aux poissons.
Derrière la criée se trouve le petit port nautique local pouvant recevoir jusqu’à 500 amarres pour bateaux de 8 mètres. Plus au sud, deux autres ports peuvent accueillir des embarcations de 20 m de longueur pour l’un et de 60 mètres pour l’autre. Avec la « Panseta », petit bateau de 12 mètres de long propulsé à l'énergie solaire, on peut accéder gratuitement à « El Portet » où se situe l’embarcadère des ferrys de la « Balearia » permettant de se rendre à Ibiza, Formentera ou aux îles Baléares.
Dans la nuit du 16 août dernier, l’un d’eux en provenance d’Ibiza, le « Pinar del Río » s’est échoué sur la digue nord constituée de rochers « brise-lames » à un peu près 300 mètres du port. Il s’agirait d’une manœuvre manquée par le capitaine du navire. Fort heureusement, il n’y a pas eu de victimes et les 393 passagers et les 21 membres d’équipage ont été contraints d’enfiler les gilets de sauvetage en pleine nuit pour évacuer sur les bateaux de la garde civile au cours d’une opération qui aura duré près de 3 heures. Les 70 véhicules qui étaient à bord ont été évacués grâce à une grue mise en place par des entreprises spécialisées.
Cette grue permet également de récupérer les morceaux du bateau suite à son démantèlement. L'option de renflouement initialement prévue ayant été rejetée en raison de la grande difficulté de la zone mais également en raison des conditions météorologiques défavorables.

Autre particularité que nous avons pu observer sur le port de Dénia, c’est l’arrivée d’un yacht de luxe le « Lady Moura ». Avec ses 105 mètres de long, il dispose d’un hélicoptère à bord, d’un équipage de 60 personnes, de sa propre plage avec sable, d’une piscine avec toit rétractable et d’une table de salle à manger de près de 25 mètres de long. Ce gigantesque yacht est propulsé par 2 moteurs diesel permettant une vitesse de plus de 20 nœuds (37 km/h). Un système hydraulique contrôle les portes, les volets, les toits, les plateformes de baignade, les passerelles et les bras élévateurs. Il est la propriété de Nasser al-Rashid, homme d’affaires et milliardaire saoudien et a coûté plus de 200 millions de dollars. Le nom du bateau ainsi que l’écusson de son anneau portuaire sont gravés dans de l’or 24 carats. Ancré pour la première fois dans le port de Dénia pour des réfections qui dureront au moins deux mois, sa présence est une véritable opportunité pour les entreprises locales.
Juste à côté de la « Panseta », un catamaran permet de réaliser des mini-croisières, des journées en mer et une ballade « coucher de soleil » pour laquelle nous avons optée. Une occasion de voir Dénia d’un autre point de vue. Une ballade que nous avons bien apprécié en sirotant un verre de « cava » qui est un vin mousseux produit en Espagne. Voilà, ce récit « bateau », peut-être pas si bateau que cela, se termine, sans que nous ayons échoué, sur un beau couché de soleil avec, en arrière plan, notre destination « coup de cœur » espagnole, Dénia.
 
Une journée ordinaire, le 20 Octobre 2019
Réveillés aux aurores, ou plus exactement un peu plus tard, à l’heure où les enfants vont au collège qui est situé pas très loin de notre location, nous prenons notre petit déjeuner sur notre petite terrasse face à la mer d’un côté et au Montgó de l’autre. Bon, j’en conviens, les horaires scolaires ici sont de 9 heures à 14 heures, donc, côté aurores on y est plus trop !
Ici, pas de cantine scolaire pour les enfants mais un casse croûte, ceci afin de  correspondre aux horaires de travail des parents espagnols qui sont de 10 à 14 heures et de 16 à 19 heures. L’amplitude maximum de travail étant de 9 heures par jour et 40 heures par semaine. Les salariés espagnols ont droit à 22 jours de congés minimum et 14 jours fériés par an. En principe, le petit déjeuner se déroule entre 8 et 10 heures, le déjeuner entre 13 et 15 heures et le dîner entre 20 et 23 heures. Les commerces sont, quand à eux, ouvert du lundi au samedi, de 10 heures à 22 heures. Bref, voici un rythme que nous n’avons pas eu trop de mal à appliquer.
Après notre petit déjeuner, nous descendons en ville faire quelques courses sur le marché de la ville. Le marché couvert est ouvert tous les jours de la semaine et le marché aux fruits et légumes le vendredi. Nous y rencontrons Charly, notre maraîcher en produits BIO, avec qui nous avons sympathisé. Un petit tour dans les jolies rues de la ville pour profiter de la terrasse d’un café. Nous découvrons que notre structure « Studio6T » a de la concurrence ici avec cette enseigne de réalisation vidéo « estudio 8 » !
De retour à l’appartement, déjeuner avec les produits locaux et le savoir faire d’Hélène.
Un peu de montage vidéo sur les projets en cours pendant qu’Hélène profite des derniers jours de piscine. Depuis notre arrivée, les températures étaient assez importantes, entre 24 et 28 degrés, mais depuis quelques jours elles sont plutôt à la baisse et pour les baignades les jours sont comptés.
En fin d’après midi, une ballade au port s’impose. La vie y est intense et les couchés de soleil magnifiques. Nous sirotons un « mojito » au « GAUDY » et il est temps de regagner notre appartement. Nous n’utilisons que rarement notre voiture ici compte tenus de la proximité du centre ville. Après le dîner, je profite d’une séance de hamac dans la moiteur de la nuit déjà tombée.
 
Visite à Calpe du 02 novembre 2019
En face de notre location, se trouve la gare de Dénia. En passant à proximité ce matin, nous avons découvert qu’il était possible de se rendre à Calpe, ville située au sud Dénia pour 2€90. Nous entrons dans la gare pour s’acquitter d’un titre de transport, mais pas de trains dans cette gare. En effet, la ligne ferroviaire est en rénovation n’étant plus aux normes sécuritaires. Nous prenons donc le bus qui remplace ce train et passons une journée bien agréable sur Calpe. Cette  ville est bien connue pour ses plages. À proximité se trouvent les thermes romains Baños de la Reina, avec des piscines naturelles creusées dans la pierre. Sur un promontoire à l'est, Peñón de Ifach est une énorme roche calcaire. En contrebas se situent les ruines de Pobla de Ifac, un village médiéval fortifié. La Muralla Roja est un édifice emblématique en forme de château construit par l'architecte espagnol moderne Ricardo Bofill. Un étang d’eau saumâtre accueil de nombreuses espèces d’oiseaux dont des flamands roses.
 
 
Le parc naturel de la « Marjal » le 6 novembre 2019

Je vous propose 3 chiffres, 20 - 1,188 et 59.
Concernant le 20, c’est facile, il s’agit tout simplement de la température du jour au moment ou nous partons faire une ballade dans l’arrière pays de Dénia. Il est, à ce moment, 10 heures du matin.
1,188, c’est le prix du litre de gaz oil que nous constatons après un arrêt à la pompe. A noter que je ne me suis pas trompé de carburant cette fois ci !
Et le 59, c’est le numéro d’une très modeste demeure que nous découvrons en empruntant les « cami » ou chemins qui serpentent dans le parc naturel de la « Marjal » (marais) près de Pego.

Ce marais, situé à une vingtaine de kilomètres de Dénia, est un ancien golfe transformé en lagune à la suite d’un processus naturel d’ensablement. La dune, qui a permis au marais de se constituer, est toujours présente et s’étire sur neuf kilomètres de long. Nichée dans la zone de pluviométrie la plus abondante de la Communauté valencienne et, alimentée par les cours d’eau du « Bullent-Vedat » au nord et du « Racons-Molinell » au sud, l'eau s'infiltre dans la terre et circule dans des rivières souterraines. L’excellente qualité de ses eaux permet la survie de certaines espèces animales et végétales exigeantes. De nos jours, le riz y est cultivé sans produits chimiques, ce qui contribue à maintenir la culture locale et possède également des effets positifs sur l’environnement, en créant une zone de transition entre le marais et les alentours. Sur ces petites parcelles, les agriculteurs privilégient les variétés locales telles que le « Pegonil » et le « Bomba » et produisent un riz de qualité écologique, riche en éléments nutritifs.
Tout à commencé en 1848 quand quelques familles riches de Pego réalisent le projet de reconversion de la zone encore marécageuse à l’époque, en se lançant dans la culture du riz. Progressivement, elles vont abandonner la production de l’olives et ce malgré les conditions difficiles de la culture du riz. Au fil des années, cette culture amorcera une expansion notable en passant de 382 hectares en 1901 à 900 hectares en 1945; l’époque dorée du travail du riz à Pego.
Pourtant, en 1983, les choses ont bien faillis prendre une nouvelle tournure. En effet, un projet de construction d’un parc « Walt Disney » en Europe, mettait en concurrence la Grande-Bretagne, l'Italie, la France, l'Allemagne et la Grèce pour accueillir un domaine attractif qui générerait près de 6 000 emplois permanents. Pour l’Espagne, parmi les quatre destinations en concurrence, Pego semblait être le favori. Mais une guerre médiatique a éclaté et de nombreux opposants au projet se sont manifestés. Malgré un facteur climatique favorable, les responsables de Walt Disney Productions ont souhaités des informations sur les températures journalières des 50 dernières années dans les zones considérées. Toutes les informations recueillies jusqu’alors étaient stockées sur papier car il n’y avait pas d’ordinateur. Ainsi, ce sont plus de 25 kilos de documents météorologiques qui avaient été transmis à Walt Disney Productions !

En 1985, seules Marne-la-Vallée et Pego restaient en lice pour l’obtention du projet, mais la région française disposait d’un rayon d'action de 300 kilomètres environ avec 40 millions d'habitants. De plus, le revenu par habitant en Espagne était bien inférieur et les infrastructures et les communications dégradées.
Le 18 décembre 1985, Disneyland annonçait dans un communiqué, que la région de Marne-la-Vallée avait été choisie pour la construction de ce parc d'attractions.
En 1994, le site fut classé parc naturel. Depuis, ce parc est devenu un lieu paisible de promenade dont nous avons profité le temps d’une marche de 12 kilomètres.
 
Visite de Valence du 12 novembre 2019
 
Le bilan de notre exil 2018 - 2019

La raison première de ce long séjour en Espagne était de vérifier la faisabilité d’un projet qui nous permettrait l’alternance d’une vie l'hiver en Espagne et l’été en Lorraine pour une retraite optimisée. Ce projet avait toutes les raisons de nous séduire et ce principalement pour des raisons d’ensoleillement et de douceur de vivre dans un petit coin de paradis que nous avions pris soin de visiter à de multiples reprises au paravent. Le prix abordable des locations en Espagne, durant les mois creux, venait compléter les atouts de ce projet. La seule incertitude qui faisait figure d’épouvantail, était notre capacité à supporter l’éloignement. D’autres facteurs inattendus pouvaient également survenir et nous faire réfléchir, mais nous en ignorions la teneur.

Voici donc la synthèse détaillée de ce séjour espagnol.

Concernant la vie à Dénia, la quiétude que nous attendions était au rendez-vous. En effet, la population de cette ville, semble jouir d'une certaine insouciance. Les vols et débordements y sont rares. La "Guarda Civil" veille pour donner une bonne image à la ville et ainsi préserver une source de revenus considérable; le tourisme. Lorsque l'on y ajoute les 300 jours présence de soleil, les fêtes, les activités et les prix légèrement plus bas qu'en France, nous affirmons que la qualité de la vie ici est supérieure à celle que nous connaissons en Lorraine.

Concernant l'éloignement, plusieurs éléments sont venus perturber la quiétude de ce choix de vie et nous laissent à penser que nous ne sommes pas encore prêt pour cela. Quoiqu'il en soit, nous avons beaucoup appris sur la vie d'expatrié et nous sommes toujours très attiré par cette ville de Dénia. Voici la vidéo qui résume, à merveille,la douceur de vivre de cette ville.

 
 
 
Méditation du 1 er octobre 2018
Préoccupation du 07 octobre 2018
Installation du 08 octobre 2018
Intégration du 11 octobre 2018
Alimentation du 12 octobre 2018
Acclimatation du 16 octobre 2018
Cuisine & gastronomie locale du 19 octobre 2018
Présentation de Dénia du 23 octobre 2018
Sortie vélo du 25 octobre 2018
Présentation du Port de Dénia du 27 octobre 2018
Sortie vélo du 28 octobre 2018
Le point sur notre exil du 01 novembre 2018
Cuisine & gastronomie locale du 29 octobre 2018
Visite de la « Torre del Gerro » du 07 novembre 2018
Visite du village fantôme « El Greco » du 08 novembre 2018
Sorties vélo dans la « Marina Alta » du 10 novembre 2018
Visite de Xalò du 15 novembre 2018
Dénia et son histoire du 23 novembre 2018
Visite du « Cap San Antonio » du 24 novembre 2018
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